Savoir dire non sans rompre le dialogue : Avis de Khalid Derouan, Directeur financier et administratif

« Exprimer son refus permet de trouver sa place parmi les autres ».

En entreprise comme dans la vie en général, on est exposé à tout type de sollicitations. De ce fait, beaucoup d’individus ont du mal à les refuser, parfois par peur des critiques ou des mesures de rétorsions…

Pour moi, il existe trois types de non. Le «non» non argumenté qui est une forme de refus sans suite. Dans certains cas, c’est pour montrer son autorité sans aller au bout des explications. Il existe également le non nuancé. On ne sait pas si la personne refuse ou pas la requête. Très souvent, il permet d’exprimer un refus sans en donner l’air. C’est ainsi qu’il faudra savoir qu’il n’y aura pas de suite à une requête dès que des expressions comme «On en reparlera» ou «Donnez-moi le temps de réfléchir» sont avancées comme réponse. Une attitude qui traduit clairement une peur d’assumer ses responsabilités.

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Enfin, il existe la troisième forme de non conditionné. A mon avis, c’est la plus acceptable parce qu’on exprime son refus tout en argumentant.

Pour moi, c’est important d’exprimer son refus pour la simple raison que cela permet de trouver sa place parmi les autres et de faire en sorte qu’on soit respecté. On peut avoir une idée de ce qui est acceptable pour nous et de ce qui ne l’est pas, mais il nous appartient de bien signifier ces frontières aux autres. Sinon, le risque est de se laisser envahir par le désir des autres, de se laisser détourner de ses propres objectifs au point de ne plus savoir qui l’on est, ni ce que l’on veut.

Dire non, c’est avant tout une meilleure gestion de son temps et de ses priorités. Car un manager, un collaborateur, un client ou autre a toujours l’habitude de vous solliciter dans l’urgence. Une personne trouvera toujours du mal à gérer toutes les sollicitations, si elle n’arrive pas à s’affirmer. Cela finira par nuire à son rendement et à son efficacité.

D’autre part, le changement d’attitude ne vient pas tout seul, il est systémique. Mais il faut que la personne apprenne à dire “non” en étant dans une attitude positive qui exprime non pas le refus mais la volonté d’être plus efficace et plus organisé dans son travail. Le problème réside dans la façon de l’exprimer. Comme la délégation, la gestion d’équipe, la culture du non est aussi un apprentissage.

Finalement, l’incapacité à repousser une sollicitation ne dépend pas du caractère… La faculté de dire non est liée à un contexte social et non uniquement à l’individu.