Salarié et politicien, un difficile équilibre à trouver

Militer ou mener une vie politique est une bonne façon d’élargir ses compétences. L’engagement politique ne doit en aucun cas freiner la carrière professionnelle.

Travailler la semaine et militer le week-end, certains individus ont pris l’habitude de mener cette double vie, celle de cadre ou employé et celle de militant dans un parti politique. Mohamed, partisan de l’USFP et cadre dans un groupe maritime, participe à tous les meetings de son parti quand les échéances électorales approchent. «J’ai toujours affiché mon engagement politique et l’entreprise n’y voit aucun inconvénient. Parfois, je profite de mes congés pour soutenir les partisans lors des campagnes électorales».

Comme le sportif amateur qui s’adonne à sa passion, pour ce cadre de 32 ans, si étrange que cela puisse paraître, militer ou mener une vie politique est une bonne façon d’élargir ses connaissances et son champ d’action. «Le fait de se rendre utile, avoir le sens du partage et de la communauté ne fait que renforcer votre personnalité», poursuit-il.

L’entreprise ne doit pas s’opposer à l’engagement de ses salariés

Pour beaucoup de salariés comme lui, la politique reste un domaine qui ne laisse pas indifférent. Il suffit de voir actuellement les discussions autour des tractations pour la formation du nouveau gouvernement.

Reste que très peu de salariés, cadres ou employés, sont engagés dans un parti, parce que dégoûtés par les pratiques des politiciens ou par peur de nuire à leur carrière. L’entreprise privée, en particulier, est peu favorable à cet engagement, mais ne doit pas s’y opposer. «Beaucoup d’entreprises se sont mises à encourager leurs salariés dans le bénévolat et le socialement responsable. Pourquoi pas la politique ?», s’interroge Khalid Benghanem, DRH de Taqa Morocco. M’hammed Abdelhak, consultant RH, souligne pour sa part que «l’engagement reste une bonne opportunité donnée aux salariés de valoriser leurs connaissances et leurs expériences dans la sphère publique et réciproquement, mais aussi de développer leurs compétences».

Il faut tout de même que cet engagement se fasse en toute transparence pour que ni les intérêts de l’entreprise, ni la carrière du salarié ne soient affectés.

Pour certains, le choix est difficile. M. Benghanem estime que des dispositions législatives peuvent ainsi être imaginées pour permettre à ceux qui veulent s’engager de réintégrer leur poste une fois leur mandat achevé.