Salaires en 2013 : tensions sociales et conjoncture faussent les prévisions

Pour 2013, la moyenne des augmentations sera limitée à  5%. A l’embauche, les entreprises se limitent à  la médiane des salaires du marché, sauf pour les meilleurs profils.

Quelles tendances aura-t-on en matière de politique de rémunération en 2013 ? Comme chaque année, le cabinet Diorh vient de dévoiler les résultats de son enquête de rémunération. Premier constat et non des moindres, le sujet de la rémunération est de moins en moins tabou. «Alors que les multinationales, surtout anglo-saxonnes, étaient les principales intéressées, nous constatons que les entreprises nationales participent de plus en plus aux enquêtes pour faire des benchmarks, se positionner sur le marché… D’ailleurs, le secteur bancaire s’ouvre de plus en plus à ce genre de démarche», précise Essaid Bellal, dg du cabinet Diorh. La preuve est que le nombre d’entreprises participantes est passé de 74 en 2011 à 86 en 2012.
En ce qui concerne l’évolution des salaires, les analystes de la rémunération précisent que la prudence est de rigueur pour 2013, et l’on ne s’éloignera pas du seuil conventionnel qui est de 5%.
 

La tendance est à la variabilisation du salaire

Autre constat, les entreprises, compte tenu de la conjoncture incertaine, sont positionnées sur la médiane des salaires pratiqués sur le marché ou bien la tranche supérieure (c’est-à-dire le troisième quartile) pour attirer uniquement les meilleurs profils.
Celles qui ont été pro-actives en 2011, ont pu revoir à la hausse les enveloppes des augmentations, ce qui permettait à la fois d’élever les niveaux des salaires mais aussi de récompenser par le mérite.
D’autres, en revanche, ont subi les aléas de la conjoncture internationale et ont dû faire face aux revendications internes. «Pour exemple, certaines prévisions d’augmentations qui étaient fixées entre 4 et 5% sont  passées à 6 ou 8% dans le but de maintenir un climat social serein», note M. Bellal.

L’enquête montre également que la tendance est à la «variabilisation» des salaires pour ne pas alourdir la masse salariale. Pour beaucoup d’entreprises la devise consiste à «payer pour la performance».
Enfin, la logique sectorielle disparaît au profit de la performance globale de l’entreprise.
Au sein d’un même secteur, l’évolution des salaires est tributaire de la politique des entreprises. Certaines sont exigeantes et se donnent les moyens de payer le prix qu’il faut pour attirer ou garder les compétences. D’autres, moins flexibles, se limitent à ce qu’elles ont budgétisé


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