Redécouverte de soi, des outils efficaces mais à  manier avec précaution

Les outils de développement sont nombreux et doivent être utilisés dans le respect de la déontologie faute de quoi ils peuvent devenir
des moyens de manipulation.
PNL, analyse transactionnelle, MBTI, hypnose ericksonienne, sophrologie, méditation
ou tout simplement sport…, chaque outil répond à  une attente
particulière.

Par techniques de développement personnel, on entend tout un ensemble de pratiques et d’outils qui permettent de découvrir de nouvelles potentialités. Pour Nadia Cathomen, psychothérapeute et DG associé du cabinet Maroc Devenir, il n’existe pas une méthode unique de développement personnel, mais plusieurs. Certaines relèvent de la psychologie, d’autres de la psychothérapie ou de diverses autres pratiques. Explications.

La Vie éco : Comment expliquez-vous le succès des outils de développement personnel ?
Nadia Cathomen : Il est vrai qu’on observe de plus en plus de pratiques ou d’outils relevant du développement personnel, que ce soit au Maroc ou ailleurs, et qui ont pour finalité une redécouverte de soi afin de mieux vivre des situations de travail ou de vie en communauté de manière générale.

Quels sont les principaux outils ?
Il n’existe pas une méthode unique de développement personnel, mais plusieurs disciplines, pratiques, voire pensées, qui s’attachent à  cet objectif. Ces techniques sont issues de la psychologie, de la psychothérapie ou encore d’autres courants traditionnels, entre autres, religieux…
Parmi ces outils, on peut citer la PNL (programmation neurolinguistique), l’analyse transactionnelle, le MBTI, l’hypnose ericksonienne, la sophrologie, la méditation… Tous ces outils sont à  manier avec prudence et intégrité. Si on n’a pas la capacité de travailler en respectant les règles déontologiques, cela se transforme rapidement en outil de manipulation.
Il existe également ce qu’on appelle «l’art thérapie». Je préfère parler plutôt d’art que de thérapie. A travers le dessin, le chant, la danse, le théâtre, la peinture, la calligraphie…, on peut trouver une forme de développement personnel. Cela a l’avantage d’inhiber les blocages, de développer la confiance en soi mais aussi de réveiller des potentialités non exprimées. Les gens se découvrent à  travers l’art et se procurent beaucoup de plaisir aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Le sport sous toutes ses formes est également un moyen de développement qui permet de dégager de l’énergie créatrice…

Chaque outil doit donc répondre à  une problématique donnée ?
Effectivement ! Quand le coach ou le thérapeute expérimenté a une bonne perception de l’autre et de son fonctionnement, il peut dès lors mettre en place l’outil qu’il faut. Ce dernier peut causer de gros dégâts s’il n’est pas adapté à  la personne.

On voit aussi le développement d’outils farfelus ?
Peut-être d’outils avant-gardistes. En tout cas, certains sont encore méconnus ou très peu utilisés. Par exemple, on trouve la méthode EMRD qui traite de certaines problématiques, notamment les traumatismes. Grâce à  des mouvements oculaires, la méthode permet à  l’individu de dépasser la phase du traumatisme, d’en modifier sa perception et de puiser de nouvelles ressources dans la réalité présente et dans sa propre capacité à  opérer des choix.
Il existe également la méthode de constellation familiale o๠l’on étudie la généalogie d’une personne et o๠l’on met en lumière certains événements cachés d’ordre génétique ou autres. Après, on trouve d’autres méthodes comme le rêve éveillé, la méthode de Ribers et bien d’autres.

nadia cathomen DG associé du cabinet Maroc devenir
Une bonne connaissance de la personne traitée est nécessaire car un outil mal adapté peut causer beaucoup de dégâts.

Prise de parole
Savoir convaincre un auditoire n’est pas forcément inné

Réunion interne, séminaire, présentation de produit ou de projet…, aujourd’hui, le manager est quotidiennement appelé à  s’exprimer devant un auditoire. Mais tout le monde n’a pas des prédispositions pour tenir en haleine un public, même restreint.

Faiblesse de l’argumentation, appréhension, timidité, mauvais choix du registre linguistique, manque de savoir-faire en communication corporelle, méconnaissance des techniques de la prise de parole sont les problèmes les plus courants rencontrés à  l’occasion de la prise de la parole.
Si cette qualité n’est pas innée, on peut en revanche l’acquérir.

Pour Nadia Cathomen, DG associé du cabinet Maroc Devenir, «on utilise la sophrologie pour permettre à  la personne de mieux travailler son texte, la gestuelle et le corporel. On utilise également le coaching pour travailler la capacité à  pouvoir exprimer ses émotions et son potentiel lors de la prise de parole».

A noter aussi qu’un certain nombre de cabinets sur la place organisent des séances de «mise en situation», avec caméras à  l’appui, pour corriger l’expression orale et physique des cadres et autres politiciens. Le média training a fait ses preuves dans le monde de l’entreprise. L’intérêt a commencé en Amérique, et plus précisément en politique, avec John F. Kennedy dans ses premières prestations télévisées.