Reconversion professionnelle : Avis de Moncef Kabbaj, Directeur du cabinet Claire vision consulting

Capitaliser sur les expériences précédentes.

J’étais cadre fonctionnaire puis chef de service dans un ministère. J’ai occupé ce poste durant 4 ans. Malheureusement, l’administration n’arrive plus à fidéliser les compétences. Durant mon passage dans ce ministère, j’ai assisté à 5 départs de cadres hautement qualifiés qui avaient préféré aller vers d’autres horizons, et pas à cause des salaires! Certains avaient quitté pour des raisons de motivation, de besoin de reconnaissance, etc. J’ai très vite compris qu’il fallait agir.

D’un autre côté, ma passion pour les enquêtes, que j’avais découverte durant mes études universitaires, n’a jamais été ébranlée. Du coup, le challenge de lancer mon cabinet, Claire vision consulting, était devenu trop important. J’ai alors décidé de quitter l’administration.

Beaucoup auraient rebroussé chemin de peur de perdre la «stabilité» que représentent nos ministères. Pour ma part, la stabilité se gagne. Nous pouvons nous l’assurer, quel que soit le secteur d’activité, à condition de fournir un travail de qualité.

Comme beaucoup d’entreprises marocaines, l’essentiel des projets que nous réalisons nous viennent des marchés publics. Et si je n’avais pas capitalisé sur ce passage, j’aurais probablement eu beaucoup de mal à m’adapter aux lourdes procédures liées aux appels d’offres. Même chose pour la longue procédure de recouvrement, qui caractérise ce type de marchés, problématique majeure des jeunes entreprises. C’est pourquoi je ne regrette pas aujourd’hui cette expérience enrichissante aussi bien au niveau professionnel, intellectuel qu’humain. Bien au contraire, c’est une véritable école en la matière. D’autant plus que mon travail était étroitement lié aux marchés publics. C’est ce qui m’a permis de rester serein lors de mon premier appel d’offres. J’ai fini par transmettre tout ce savoir-faire à mon responsable administratif. Le passage de l’autoformation à la transmission du savoir-faire est plutôt réussi. Aujourd’hui, il est totalement autonome.

Bien évidemment, il faut bien s’entourer. Ma famille et mon épouse étaient mes coachs. Il a fallu également qu’un premier client me fasse confiance. Aujourd’hui, nous sommes leur partenaire exclusif au Maroc. Pour réussir, il faut être à l’écoute des expériences des autres tout en développant continuellement sa propre expertise. Celle-ci, j’en suis convaincu, est le résultat d’un interminable processus d’apprentissage. C’est pourquoi je prépare un master en marketing et je finance une partie de tout diplôme préparé par mes collaborateurs. Et puisque j’ai reçu toute l’aide dont j’avais besoin à mes débuts, je n’hésite pas une seconde à tendre la main à ceux qui souhaitent suivre la même voie. La preuve, j’anime régulièrement des séminaires sur l’entrepreneuriat et le changement de carrière au profit de diverses associations.