Quel antidote contre la pression au travail ?

La pression résulte le plus souvent d’une mauvaise gestion du temps ou d’organisation du travail dans l’entreprise. Même si l’on a besoin de pression, on accepte plus facilement celle qu’on s’impose que celle qui est imposée.

Entre une mauvaise gestion du temps, un rythme de travail infernal, un manque d’ambiance et de travail d’équipe…, les raisons pour se mettre sous pression ne manquent pas. Paradoxalement, la plupart des managers soutiennent le fait qu’ils ne peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes s’ils ne sentent pas la pression. Certains l’acceptent aisément parce qu’il leur manque justement cette dose d’adrénaline qui vient booster leur quotidien sans pour autant bouffer leur vie.

En effet, tout comme le stress qu’elle engendre, la pression a un seuil. Mohssine Benzakour, psychosociologue, explique à ce titre que «nous ne nous comportons pas de la même façon face à la pression. La même contrainte, qui va sembler insupportable et stressante pour quelqu’un, peut être sans effet pour un autre».
Généralement, les spécialistes du management distinguent deux sortes de pression. La première, endogène, est le fruit de notre aptitude naturelle à retarder l’exécution d’une tâche sous prétexte que l’on a du temps devant soi. Quand on s’y met, il est trop tard : d’autres tâches urgentes sont venues envahir notre agenda. Solution ? Au lieu de souffler pendant plusieurs jours, la parade consiste à saucissonner les moments de “relâche” en étalant le travail. Cela revient ni plus ni moins à réguler la pression.

Il existe aussi la pression exogène. Elle s’impose à nous de la part des supérieurs hiérarchiques, des fournisseurs… Plus difficile à gérer, elle ne peut être régulée que par une démonstration claire de la difficulté à mener plusieurs chantiers de front. La solution est de trouver les bons arguments pour élargir un délai ou refuser une tâche et, là, il n’y a pas de secret, il faut s’accorder un moment de réflexion et mettre par écrit les raisons.

Mais si un minimum de pression est nécessaire, il faut néanmoins relever que cette montée d’adrénaline résulte le plus souvent d’une mauvaise gestion du temps ou d’organisation du travail dans l’entreprise. Si les priorités ne sont pas clairement affichées, il est certain que cela entravera le travail de chacun et se répercutera sur le rendement de l’entreprise. Dans de telles conditions, les bonnes résolutions personnelles peuvent être inefficaces.

Mais ce n’est pas tout. «La pression peut aussi provenir d’un climat malsain au sein d’une entreprise : rivalité, individualisme ou encore une hiérarchie imposante…», poursuit M. Benzakour. Pour lui, la solution est dans la complicité, l’esprit de groupe et la communication qui sont de précieux antidotes contre la pression.