Que faire quand les possibilités de promotion sont réduites

Il est déconseillé de rendre son tablier sans avoir au préalable balisé son point de chute.

La mobilité externe est limitée par l’étroitesse du marché des cadres.

Une petite structure peut permettre de relancer une carrière.

D’après une enquête réalisée par Optimum conseil-Groupe BPI sur la fidélisation des cadres, l’absence de perspectives d’évolution figure parmi les principaux facteurs du départ des cadres, outre une rétribution plus attractive ailleurs.

Il fut un temps où les gens faisaient leur carrière dans une seule entreprise. Ce n’est plus le cas maintenant. «Je donne la priorité à mon évolution professionnelle. Si je trouve que l’entreprise ne m’offre pas cette possibilité, je quitte sans regret» , souligne Amine Makhlouf, la trentaine, cadre chez un opérateur télécoms. Ils ne sont certainement pas avides de titres ou de pouvoir mais, nombreux sont les cadres qui n’entendent guère jouer un rôle mineur au sein de leur entreprise. D’après une enquête réalisée par Optimum conseil-Groupe BPI sur la fidélisation des cadres, l’absence de perspectives d’évolution figure parmi les principaux facteurs du départ des cadres, outre une rétribution plus attractive ailleurs. «Dans de nombreux cas, ils ont besoin de challenges encore plus importants ; ils veulent de vraies missions avec davantage de responsabilités» , souligne Abdelkrim Guergachi, DRH à Managem.
Repartir à zéro ailleurs n’est pas aisé, sauf si on est débauché, et encore…
Besoin d’accomplissement et d’épanouissement personnel, quelle que soit leur place dans l’entreprise, les cadres doivent évoluer pour être en adéquation avec les besoins du monde professionnel. «Un cadre se doit de choisir l’entreprise qui, justement, lui permettra de construire son parcours. Il ne doit en aucun cas se contenter de sa situation» , souligne Bouchaib Serhani, DG de Gesper services, cabinet spécialisé en organisation. Autrement dit, il faut qu’il soit ambitieux.
Pourtant, à un certain niveau, les possibilités de promotion interne deviennent rares car les postes élevés sont occupés par des personnes qui ont fait leurs preuves et sont encore loin de la retraite, ou encore en raison de la concurrence qui rend l’accès aux postes de responsabilité encore plus difficile. Parfois, la tâche s’avère plus ardue à cause d’une organisation défaillante et d’une gestion approximative des ressources humaines. «Certaines entreprises ne délèguent pas assez, alors qu’il faut être clair sur les objectifs à court, moyen et long termes, allouer les moyens nécessaires, former les managers et les faire participer à la décision», selon Bouchaïb Serhani. «L’entreprise doit offrir des possibilités d’évolution, surtout quand elle est en phase de croissance», ajoute M. Guergachi.
On n’est pas à l’abri d’une désillusion quand on change d’entreprise
Toutefois, une promotion ne s’offre pas, elle se mérite. Par conséquent, il revient à tout salarié ambitieux de faire ses preuves et de montrer sa capacité à assumer davantage de responsabilités. Une entreprise performante offre toujours des opportunités à ceux qui savent attendre. Mobilité horizontale, développement de nouvelles compétences, reconversion… Les solutions ne manquent pas, pourvu que la personne concernée les accepte. Dans le cas contraire, elle peut toujours tenter de relancer sa carrière chez un autre employeur. Parfois, «certains cadres préfèrent passer par une petite structure pour pouvoir élargir leur domaine de compétence», ajoute M. Salek. Mais, il est déconseillé de rendre son tablier sans avoir au préalable balisé son point de chute. Repartir à zéro dans une nouvelle entreprise n’est pas aisé, sauf quand on est débauché. Et même là, on n’est jamais à l’abri d’une désillusion. D’autant qu’entre les promesses et la réalité, il y a souvent un gouffre. Ceux qui sont tentés de jouer sur la mobilité externe pour gravir les échelons doivent retenir que le marché des cadres est très étroit. Il est donc très difficile d’y transhumer. Alors, prudence !