Que faire pour combattre l’absentéisme au travail

Mesurer la fréquence de l’absentéisme et identifier les causes avant d’agir.
.Les entreprises ont tendance à  privilégier les dispositifs répressifs tels que les contre-visites médicales, les sanctions financières ou disciplinaires.

Toutes les entreprises souffrent de l’absentéisme, mais difficile de déterminer avec précision l’ampleur du phénomène, faute de statistiques fiables. Dans le public comme dans le privé, beaucoup d’absences sont passées sous silence par complaisance, pour éviter les conflits ou sont déduits directement des jours de congé, s’il en reste, ce qui est très discutable.
Les absences intempestives ont de lourdes conséquences. Elles génèrent une charge financière puisqu’elles ont un impact direct sur la productivité du fait de la désorganisation du travail. Par exemple, dans le travail à la chaîne une absence doit être comblée impérativement pour éviter des dysfonctionnements. Logiquement, on peut user en toute légalité du dispositif répressif prévu par la loi, entre autres les contre-visites médicales, les sanctions financières ou disciplinaires. Mais souvent, ces réponses s’avèrent insuffisantes ou inadaptées.

Que faire ? La première étape consiste à mesurer la fréquence. Pour les spécialistes des RH, on peut notamment concevoir un tableau de bord RH incluant le taux d’absentéisme qui peut être éclaté en départements et unités, mais aussi par équipe, par tranche d’âge, par métier, par catégorie professionnelle…

Une fois la fréquence de l’absentéisme diagnostiquée, il reste à en identifier les causes. L’organisation et les conditions de travail sont la première piste à consulter. Généralement, il faut analyser le mode de travail des salariés. Engendre-t-il du stress? Les tâches sont-elles bien définies? Les salariés sont-ils assez motivés ?… Car souvent, le style de management autoritaire, le manque de vision et de stratégie ou encore l’absence d’objectifs clairs et précis et de plans d’actions sont la cause de phénomènes de démotivation des équipes et des individus. En un mot, le manque d’intérêt au travail peut être source d’absentéisme. Viennent ensuite les motifs personnels qui peuvent être liés à l’âge ou à une situation familiale.

A côté des cas justifiables, il y a des absences qui relèvent de la tricherie : j’en fais moins tant que personne n’agit. Un tel comportement crée un malaise dans un groupe parce que s’il n’y a aucune sanction, d’autres seront tentés de faire la même chose.
Une seule absence est condamnable si elle n’est pas justifiée. En revanche, il n’y a rien à dire sur une dizaine d’absences pour lesquelles la preuve matérielle est claire. En somme, l’abus est lié à la raison plus qu’à la fréquence.