Quand les étudiants galèrent pour trouver un stage

• A cause de la pandémie, beaucoup d’étudiants se sont trouvés confrontés à des annulations de stages.
• Les TPE sont celles qui ont le plus sauvegardé leurs offres de stages.

Comme beaucoup de ses collègues, Amina, étudiante en 2e année en audit et en contrôle de gestion, est dépitée. Son stage d’entreprise est arrêté du jour au lendemain. «J’ai déjà galéré pour le décrocher et là, au bout d’un mois et demi, on me signifie que je ne pouvais plus continuer à cause de la crise qui a considérablement touché l’activité de l’entreprise», souligne-t-elle.
Idem pour Issam, étudiant en management hôtelier, qui n’a toujours pas trouvé son premier stage dans un secteur touché en plein fouet par la crise. Heureusement pour lui, il a pu compter sur des amis qui l’ont intégré dans un projet de start-up qui développe une application de réservation en ligne pour voyageurs.

Les écoles et universités tentent de gérer la situation

A cause de la pandémie, beaucoup d’étudiants se sont trouvés confrontés à des annulations de stages, ou à l’impossibilité d’en trouver un.
La dernière enquête du portail Stagiaires.ma, réalisée en juin dernier auprès d’un échantillon de plus de 13000 étudiants et 1 200 lauréats, montre notamment le désarroi des étudiants. Seuls 19% des stages ont été maintenus, tandis que 64% ont été suspendus ou reportés. Les TPE sont celles qui ont le plus sauvegardé leurs offres de stages avec 37% de stages maintenus et 28% de stages partiellement maintenus au moment où seuls 9% et 11% de stages ont été maintenus respectivement au niveau des PME et des grandes entreprises.
Face à cette hécatombe, les écoles et universités tentent de gérer la situation. «Ceux qui n’ont pas pu passer un stage en présentiel ou à distance ont la possibilité de réaliser un rapport de recherche en guise de substitution qui devait être en lien avec l’environnement de l’entreprise et les enseignements acquis tout au long de l’année afin de ne pas être pénalisés», souligne, à cet effet, Wadad Sebti, responsable des stages au sein d’Em Lyon Campus Casablanca. Pour Hayat El Adraoui, enseignante chercheuse à l’ISCAE Casa, «il est temps peut être de penser à ajuster les conventions de stages en y intégrant des clauses adaptées à des conjonctures exceptionnelles, car il n’est indiqué nulle part des alternatives aux jeunes et aux professionnels en cas de crise».
Dans certains secteurs comme celui de la santé, le recours aux étudiants est loin d’être recommandé, surtout qu’il manque fortement d’effectifs.

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