Quand le travail devient obsession : des cadres racontent leur rapport au boulot

Hamid B., Cadre RH
Habiba Morjane, Responsable RH
Mohamed Berrada, Cadre juridique

Hamid B., Cadre RH : C’est dans la pluralité que réside l’équilibre

Personnellement, je travaille en moyenne entre 12 et 14 heures par jour mais tout en diversifiant mon travail. Je touche à plusieurs disciplines à savoir la psychologie, la sociologie, la philosophie et le management des organisations. Mes activités sont partagées entre l’enseignement, la formation et les études. Cela me permet de relativiser les choses malgré le fait que j’ai très peu de temps pour me déconnecter. Je  pratique aussi différents  sports (arts martiaux, randonnée, marche…). Je ne m’attache plus à un seul domaine qui risque d’occuper mon esprit. C’est dans la pluralité des activités que réside l’équilibre.

Habiba Morjane, Responsable RH : j’ai tendance à être trop perfectionniste

Le fait d’être en retard sur un dossier ou de ne pas remplir mes engagements sont généralement des situations qui me font le plus stresser.  Il y a des moments où je ne pense qu’au travail, matin et soir. Parfois, j’emmène chez moi certains dossiers pour les terminer. Souvent, je stresse à tort parce que j’ai des exigences élevées vis-à-vis de moi-même. J’ai aussi tendance à être trop perfectionniste. Heureusement que j’ai pris conscience de tout cela. En effet, je pense que c’est un travail sur soi qui nous permet au fil des ans de pouvoir mieux gérer les situations quelles qu’elles soient.
Dès lors, je ne me fais pas trop de soucis. Je me suis rendu compte que c’est la manière dont on appréhende le problème qui fait qu’on est trop ou peu stressé. Maintenant, plus je me concentre sur 80% des objectifs en les remplissant correctement, plus j’ai l’impression d’être performante à 100%. En revanche, plus on survole tous les aspects, moins on a l’impression d’être performant.

Mohamed Berrada, Cadre juridique : je n’aime pas soûler les gens avec mes tracas professionnels

Il m’arrive de penser à mon boulot sans en faire une obsession.
Cependant, je ne nierai pas le fait qu’elle devient permanente dans les moments de forte pression, c’est-à-dire  chaque matin avant la réunion quotidienne, le dimanche soir ou lorsque je n’arrive pas à finir un dossier dans les délais.
La surcharge du travail est également un paramètre qui empêche de faire la coupure. C’est par exemple le cas quand s’approche la date de remise d’un rapport de mission au comité de direction. Même lorsque je suis chez moi, je ne peux m’empêcher d’y penser souvent en essayant de concrétiser des idées, rassembler toutes les informations nécessaires, revoir tous les derniers aspects
C’est aussi le cas à la veille d’un retour de congé parce qu’on pense constamment aux dossiers qui attendent.
J’ajouterais aussi qu’il m’arrive d’en parler et même d’y penser constamment ou d’en parler à mon entourage à la maison, au café ou le soir avec ma femme mais sans exagération. Je n’aime pas «soûler» les gens de mon entourage avec mes tracas quotidiens. Je sais parfaitement qu’ils finiront par me fuir si je persiste.