Qualité de vie au travail : les entreprises sont de plus en plus poussées à  la réflexion

De la prévention tertiaire à  l’audit des organisations et à  la formation des managers, les risques psychosociaux font l’objet d’une prévention de plus en plus poussée. Toute démarche de mise en place de qualité de vie passe par un accord mutuel entre direction et partenaires sociaux.

Depuis que les risques psychosociaux font l’objet de débats à l’échelle planétaire, la question de la qualité de vie au travail n’a jamais été abordée avec sérieux. Au Maroc, le sujet est bien d’actualité et préoccupe bon nombre d’entreprises, mais il reste beaucoup de chemin à faire pour que les salariés soient réellement au centre de l’entreprise.

Dans cette perspective, le cabinet Deo Conseil a mené la réflexion lors d’un débat sur «La santé et le bien-être au travail : un double enjeu pour les années à venir» en invitant experts dans le domaine mais aussi DRH de la place.Les participants s’accordent d’emblée à dire que la compétitivité des entreprises passe notamment par leur capacité à investir et à placer leur confiance dans l’intelligence individuelle et collective pour une efficacité et une qualité du travail.
Le cabinet français Psya s’intéresse à ce phénomène depuis 1997 où il opère dans le domaine de la prévention et la gestion des risques psychosociaux. A cet effet, Jérôme Boucher, directeur opérationnel du cabinet, a tenu à préciser que «les entreprises ont pris conscience ces dernières années de l’évolution considérable des RPS et de leur impact sur leur organisation. De la prévention tertiaire, au travers de la prise en charge des personnes en souffrance, à l’audit des organisations et à la formation des managers, les risques psychosociaux font l’objet d’une prévention de plus en plus poussée».

Il ressort du débat que les risques psychosociaux doivent être gérés au même titre que les autres risques professionnels. Comment alors  initier un projet d’amélioration de la qualité de vie au travail ?
Une étape importante consiste à faire s’accorder la direction et les représentants du personnel sur la mise en place d’un projet d’amélioration de qualité de vie. «Bien évidemment, toute démarche doit être adaptée à l’organisation de l’entreprise, ses métiers, ses problématiques…», poursuit la même source.

Identifier les risques potentiels

La phase de diagnostic passe également par l’identification des risques potentiels. Parmi les plus répandus, on trouve notamment la charge de travail, la relation avec le supérieur hiérarchique, le soutien des pairs, la clarté des rôles, la participation au changement, la perspective de carrière, la reconnaissance, la conciliation vie privée-vie professionnelle… Bien évidemment, la liste peut être rallongée selon les spécificités de chaque entreprise.
Pour illustrer les bonnes pratiques de certains groupes de la place en la matière, Rokia Goudrar, directrice des ressources humaines de Lydec, note à ce titre que par exemple les salariés du groupe exposés à des risques d’agression physique ou mentale, ou affectés à des travaux contraignants psychiquement sont systématiquement identifiés et répertoriés. «La lutte contre les risques nous a permis de réduire considérablement notre taux d’absentéisme qui est de 0,57% l’année dernière», précise-t-elle.

Pour sa  part, Jamal Belahrach, président de la Commission emploi au sein de la CGEM, tient à rappeler le rôle que doivent jouer les managers dans cette démarche en précisant que «si l’entreprise veut progresser, elle doit nécessairement conjuguer davantage performances économiques et performances sociales au lieu de les opposer. Et donc, la santé des salariés est l’affaire des managers. Elle ne s’externalise pas. Encore faut-il que les managers soient motivés, formés et disposent des moyens en temps, en autonomie, en compétences et en marges décisionnelles pour tenir ce rôle d’acteurs du bien-être au travail au sein de leur entreprise».
Un autre intervenant, Abdelkrim Guergachi, DRH du groupe BMCI, abonde dans le même sens en ajoutant qu’il ne suffit pas de mettre en place des bonnes pratiques mais il faut aussi que les entreprises les adaptent pour tirer le meilleur profit de leur environnement. Cela passe forcément  par la confiance entre acteurs, la clarté des rôles, l’engagement…