Prise de risque chez les managers : Avis de Zakaria FAHIM, DG du cabinet BDO Asmoum

«La prise de risque fait partie du quotidien de tout entrepreneur».

La prise de risque fait partie du quotidien de tout entrepreneur. En prendre, c’est pouvoir s’adapter à son environnement, assumer des décisions, assumer des erreurs, vivre des échecs…Des études scientifiques en Amérique ont montré que les personnes qui réussissent ont connu au moins trois échecs dans leur parcours. On ne réussit pas forcément du premier coup, mais on apprend à capitaliser sur les échecs et mieux rebondir. 

Un risque n’est pas forcément lié à une typologie de métiers, mais l’entreprenariat reste, de par son environnement, une activité risquée. Pourquoi ? Parce qu’on demande à tout entrepreneur qui veut démarrer des garanties personnelles. Et donc il y a un risque financier, patrimonial, parfois familial (parce qu’on engage la responsabilité des proches)…
C’est pourquoi tout manager doit prendre en compte certains facteurs pour bien gérer les risques potentiels.

Il doit d’abord assurer une veille à tous les niveaux. Pour cela, il doit  en permanence remettre en cause le fonctionnement de l’entreprise. Le manager qui se démarquera est celui qui n’attendra pas que le changement soit devenu incontournable pour le mettre en œuvre. Cela signifie observer en permanence le marché et plus généralement l’environnement concurrentiel, législatif, technologique… Une telle démarche demande d’oser des solutions nouvelles même quand tout va bien.

Le manager doit aussi être un homme de réseaux. Un réseau est comme une plante. Il faut savoir l’entretenir pour en tirer les avantages. Par conséquent, il faut savoir distinguer entre le réseau passif (le simple fait d’échanger des cartes de visite et sans plus) ou le réseau actif (être créateur et animateur de réseaux). Ce dernier est le plus important. Car les avantages qu’on peut en tirer sont nombreux. D’abord se procurer des informations utiles, une visibilité des affaires, une réactivité et une prise de décision rapide mais aussi un moyen de benchmarking sur son positionnement, style de management… Le monde d’aujourd’hui veut qu’un manager ne soit pas isolé.

De même qu’il doit savoir faire accepter le changement. Aujourd’hui, certaines décisions sont difficilement acceptables et quand on conduit un changement, on touche plusieurs paramètres : peur de l’inconnu, peur de prendre un risque, peur de la surcharge de travail. Pour que cela fonctionne, le manager doit intéresser ses collaborateurs au changement. Le manager devra savoir légitimer le changement auprès de ses équipes. Quand il s’agit de période de crise (licenciement, restructuration, fusion…), les collaborateurs se posent beaucoup de questions sur leur devenir. S’ils n’ont pas des réponses concrètes, ils se les fabriquent. Par conséquent, cela envenime davantage le climat interne. Dans ces phases, il faut savoir communiquer beaucoup plus que d’habitude. C’est même indispensable.

Le manager doit aussi mobiliser sans trop harceler. L’aspect émotionnel n’est pas en reste, puisque le manager doit aussi savoir gérer aussi bien son stress que celui des autres. L’intelligence émotionnelle rentre en jeu.  Négocier, gérer un conflit, “confronter” à juste titre un collaborateur, un actionnaire, motiver tout en sanctionnant, structurer tout en développant, annoncer des vérités inconfortables et nécessaires, sont autant de situations spécifiques voire paradoxales, qui engagent les managers, et qui sont dans la sphère  de l’intelligence émotionnelle. Le grand challenge actuellement sera et certainement pour longtemps encore, la gestion d’un alliage subtil et puissant composé de savoir et de gestion des relations.