Prise de risque chez les managers : Avis de Ahmed El Meslouti, Consultant RH

«La peur de l’inconnu rend difficile la prise de décision».

Dans la vie, tout manager est souvent appelé à prendre des décisions qui ont des répercussions importantes sur sa carrière ou la bonne marche de l’entreprise ou de l’équipe qu’il dirige. Quels que soient le niveau de connaissance technique et l’état d’esprit (confiance en soi ou peur de l’incertitude), on n’est jamais à l’abri d’un mauvais choix, aujourd’hui plus qu’hier eu égard au changement continu de l’environnement de l’entreprise. Le manager n’a pas le temps de mettre en place une stratégie qu’il doit déjà changer de cap. Par conséquent, la capacité d’adaptation et de remise en question est un gage de réussite.

L’autre raison réside dans le manque de recul par rapport à une situation donnée. Des décisions hâtives ou mal travaillées peuvent avoir des conséquences néfastes pour la suite. A l’évidence, la peur de l’inconnu rend difficile la prise de décision, et donc augmente la part du risque, sans parler des conséquences négatives sur le moral des managers et l’aggravation du stress. Ces derniers ont souvent tendance à évacuer leur stress sur les autres.

En tant que consultant et ancien DRH, tout processus RH a sa part du risque. Par exemple, un processus de recrutement comporte une part d’échec, surtout s’il existe un décalage entre le poste et le profil parce qu’on n’a pas pris tout bonnement le temps de bien étudier les dimensions du poste, définir les responsabilités, les relations fonctionnelles et hiérarchiques, les perspectives d’évolution, ainsi que les qualités réellement attendues du titulaire du poste, en termes de formation, compétences spécifiques professionnelles et personnelles.

Il existe aussi le manque de planification. Le recrutement est fait juste pour faire face à un départ imprévu et ceci sans avoir au préalable apprécié les possibilités de recrutement.
Même lorsqu’on met en place un plan social à cause d’une conjoncture difficile, il y a une part du risque à prendre, le risque que les décisions prises débouchent sur un conflit ouvert, une grève….

Pour y faire face, il n’y a pas de secret. Il faut savoir communiquer et rien d’autre. J’entends par là qu’il ne suffit pas d’informer les gens sur la problématique en question mais aussi de recevoir un feed-back. C’est toute la différence entre informer et communiquer. On constate souvent que certains managers commettent l’erreur de retarder ou cacher certaines vérités à leurs collaborateurs. Or cela peut leur être fatal.

Rien n’est plus délicat pour un manager que d’être confronté à une situation où il n’a pas de réponse à une question du collaborateur concerné par une décision.
Cela donc suppose que la décision doit être mûrement réfléchie avant d’être prise, qu’elle soit justifiée  ou qu’elle ne soit pas susceptible d’être revue ou annulée, ce qui mettrait en cause la crédibilité même du manager.

De même que le refus de prendre des risques dans un contexte quotidien  peut être l’expression de ses limites. En refusant de sortir de sa zone de confort, on se prive de la possibilité de découvrir de nouvelles solutions enrichissantes.