Préserver son intimité au travail

Avec les open spaces, il est plus difficile de protéger sa sphère. Un manager doit faire preuve de discernement entre ses prérogatives et les problèmes personnels de ses collaborateurs.

Depuis que les open spaces ont remplacé progressivement les espaces clos, le problème de l’intimité au bureau ne s’est jamais posé avec autant d’acuité. Les individus sont comme dans un loft où chacun est exposé au regard des autres. Parfois, les problèmes personnels des uns et des autres font l’objet de discussions et, compte tenu de cette promiscuité, beaucoup d’individus peuvent se sentir agressés.
Selon Ahmed Al Motamassik, sociologue, l’intimité peut être appréciée différemment selon les personnes. Dans beaucoup de cas, elle prend en considération l’espace propre de ce que «l’on préserve du regard et du jugement des autres». Pour ainsi dire, elle fait appel à deux dimensions en opposition: le domaine privé et la sphère publique. Certes, l’entreprise reste un lieu de production où les gens ont d’abord des relations purement professionnelles. Dès lors, certains ont coutume de dire que la vie privée ne devrait pas avoir de répercussions sur la vie professionnelle. Mais cette règle se révèle être incompatible avec la nature humaine. Nous savons tous que nos évènements privés se reflètent sur le travail.
Dans ces cas, tout manager doit être en première ligne quand il s’agit de gérer les aspects humains. Il existe certaines limites qu’il doit se fixer pour éviter de s’ingérer dans la vie privée des collaborateurs.  Il est évident qu’il ne doit être informé des problèmes privés de ses collaborateurs que lorsque leur impact sur le travail devient trop important.

Le secret des correspondances est protégé par la loi

Un manager doit aussi connaître les limites de son intervention et faire preuve de discernement entre ce qui relève de ses prérogatives et les soucis personnels d’un collaborateur. Il doit savoir ne traiter que les conséquences professionnelles.
Par exemple, les correspondances personnelles sont encadrées par la loi. Le législateur a imposé des limites aux employeurs pour le traitement des données à caractère personnel par l’instauration d’un régime contraignant qui impose, entre autres, une information et un consentement préalable des salariés avant la mise en place d’un procédé de traitement de données (exemple surveillance vidéo). Le non-respect des dispositions légales en la matière peut enclencher la responsabilité pénale des employeurs et les sanctions sont assez lourdes et peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement.