Pourquoi ils ont besoin de maîtriser une langue étrangère

Je suis lauréat d’une école de commerce de la place. Bien sûr, j’ai eu à  faire de l’anglais à  raison de 5 heures par semaine.

M.B.,
analyste financier
«J’ai commencé par financer, de ma poche, une formation»
Je suis lauréat d’une école de commerce de la place. Bien sûr, j’ai eu à faire de l’anglais à raison de 5 heures par semaine. Mais, une fois dans la vie active, je me suis rendu compte qu’il me fallait encore m’améliorer pour pouvoir bien faire mon travail. En effet, nous recevons beaucoup d’investisseurs potentiels anglo-saxons, avec lesquels nous ne communiquons qu’en anglais. Le courrier que nous leur transmettons est également rédigé dans cette langue. De manière globale, la plupart des mots techniques dans notre métier, sont exprimés en anglais.
A mon avis, il est indispensable de maîtriser cette langue, sinon on risque de stagner ou de ne plus être dans le coup. Heureusement que j’ai compris dès le départ qu’il fallait s’y mettre. J’ai alors pris l’initiative de payer de ma poche des cours de soutien dans un centre de langues. Par la suite, l’entreprise a financé un plan de formation au profit de tous les employés. Je suis maintenant suffisamment armé. Même notre standardiste est maintenant en mesure d’orienter ses correspondants étrangers en anglais.»

Adnane Zarrari,
responsable RH dans une société industrielle
«10% du plan de formation sont consacrés aux langues étrangères»
«Tout le monde au sein d’une entreprise ne peut prétendre à une formation en langue étrangère qui, il faut le souligner ne dépasse guère 10% du total du plan de formation. De ce fait, il faut toujours recenser les besoins réels exprimés au sein de la population. C’est à partir d’une note de cadrage qu’on arrive à détecter les personnes les plus aptes à suivre la formation. Par exemple, une catégorie de techniciens suit régulièrement des formations en langue allemande, étalées sur plusieurs années, afin de mieux comprendre les manuels de procédures des machines. Cela permet notamment d’éviter les pannes. Les cadres marketing, responsables achats et les commerciaux sont, eux, concernés par l’anglais ou l’espagnol. Expositions, foires, prospection, ces cadres participent chaque année à ce genre de manifestations. Dans ce cadre, ils doivent être capables de communiquer aisément avec leurs partenaires étrangers.»

Kamal Souiri,
cadre juridique
«Du DG au coursier, tout le monde est à l’heure anglaise»
«Nous travaillons beaucoup avec des partenaires étrangers en Europe, Asie ou Afrique, dont la plupart sont anglophones. Il nous était nécessaire de maîtriser la langue de travail. Négociations, courrier, rédaction des contrats… tout doit être soigné. J’étais débordé lorsque je venais d’intégrer la société. Fort d’un bon niveau scolaire, il m’était pourtant difficile de bien assimiler le courrier que je recevais. Je ne pouvais non plus frapper toutes les heures à la porte de mon chef pour me faire expliquer le moindre terme. J’ai fini par suivre des cours à raison de 3 heures par semaine. D’ailleurs, c’est obligatoire chez nous. Tout le monde doit suivre la formation, du directeur général au coursier. La formation se fait par roulement avec des groupes de dix personnes. Pour couronner le tout, nous avons décrété une journée par semaine où la communication se déroule uniquement en anglais. Pas question de placer un mot en arabe ou en français. C’est amusant et cela nous permet de rentabiliser notre formation.»

Mohamed Kouidri,
responsable formation dans une entreprise sidérurgique
«Le stage en langues fait partie du plan de carrière»
«Nous consacrons près de 10 % du budget de formation à l’apprentissage des langues. Nos cadres suivent régulièrement ce que nous appelons des formations de benchmarking à l’étranger. Il s’agit de visites des sites auprès de nos partenaires étrangers. Le but étant de partager leur expérience dans le domaine technique mais aussi de bien maîtriser l’aspect relationnel et savoir mener des réunions en anglais. Le stage en langue s’inscrit dans un plan de carrière. Il est aussi validé par le supérieur hiérarchique lors de l’entretien annuel. La DRH a des besoins précis et ne s’engage pas à la légère. Aujourd’hui, on ne veut plus dépenser de l’argent sans obtenir des résultats visibles. C’est pourquoi nous préférons que les personnes désirant se former en langues financent la formation par leurs propres moyens. Ils sont remboursés une fois celle-ci achevée.»

Salim Ennaji,
responsable RH dans une multinationale
«Maîtriser les langues étrangères est un atout pour réussir sa carrière»
«Il est vrai qu’à un certain moment, l’apprentissage des langues était réservé, dans beaucoup d’entreprises, principalement aux assistantes de direction et aux commerciaux, en quelque sorte à la vitrine de l’entreprise. Ce n’est plus le cas. La tendance s’est généralisée depuis pour l’ensemble du personnel : top-management, cadres, agents de maîtrise, employés… tout le monde s’y met. C’est un atout qu’il faut mettre de son côté pour réussir sa carrière.
Chez nous, par exemple, l’anglais, le français et, dans une moindre mesure, l’espagnol sont indispensables pour tout le personnel. Nous réservons près de 20 % du budget de formation à cet effet. L’apprentissage se fait en interne et dure généralement quatre à cinq semaines étalées sur l’année.»

Driss Mekouar,
informaticien
«Je fais moins d’erreurs qu’auparavant»
«Dans l’univers de l’informatique, tout se passe dans la langue de Shakespeare : les clients, la documentation technique, les déplacements en pays anglophones, fréquents. Aussi, j’ai tenu à suivre une formation qui me permet d’avoir plus d’aisance dans la communication. L’important est pour moi d’améliorer mon vocabulaire. Pour combler mes lacunes, j’ai préféré suivre des cours de communication pour pouvoir mieux dialoguer avec mes partenaires anglophones. Les résultats sont encourageants. Je fais moins d’erreurs qu’auparavant.»