Pour rebondir, la compétence ne suffit pas, il faut aussi une bonne réputation

Tout salarié, cadre ou employé, se doit d’assurer son employabilité en se formant continuellement.
Quand on décide de quitter une entreprise, mieux vaut le faire en bons termes pour soigner son image.
Ne jamais mentir sur les périodes de pause, aussi longues soient-elles.

Parfois, il suffit tout simplement d’être correct et intègre pour retrouver plus rapidement un emploi, explique Ali Serhani, consultant en ressources humaines au cabinet Gesper services, qui souligne, en outre, que l’âge ne constitue nullement un boulet si l’on a ces deux qualités. La compétence sera un plus. Ses explications.

On a vécu une période difficile qui n’est d’ailleurs pas tout à fait à son terme. Certains ont perdu leur travail et n’ont pu rebondir très vite. Comment éviter de se retrouver dans une telle situation ?
Tout simplement en étant prévenant et en anticipant les événements. Nul n’est à l’abri d’une mésaventure. Que ce soit un patron ou un simple ouvrier vous pouvez être débarqué à n’importe quel moment et n’importe comment.  
Quand je dis prévenant, je dis tout simplement qu’il faudra toujours faire de la «veille informationnelle» pour soi-même car ce n’est pas uniquement le propre des entreprises. Avoir une idée sur ce qui se pratique sur le marché et qui vous touche personnellement, se projeter en se formant sur les meilleures techniques, en maîtrisant des langues et enfin, élément qui me paraît très important, se constituer un réseau professionnel très solide.
Nous avons vécu des situations ou des personnes ont perdu leur job du jour au lendemain et plus personne ne pariait sur leur avenir. Un mois plus tard, elles se retrouvaient déjà employées dans d’autres entreprises avec des conditions salariales au moins égales à ce qu’elles avaient dans d’autres entreprises.
Donc, toute personne se doit d’assurer son employabilité en se formant continuellement et, par là, acquérir des compétences techniques qui lui permettront de se replacer ailleurs en cas de perte d’emploi.
A côté des compétences techniques et managérielles, il y a également la notoriété d’homme ou de femme intègre qui vous précédera. Si vous êtes correct, vous aurez plus de chance de retrouver un emploi.
Je citerai un cas que nous avons vécu dernièrement. Nous venons de placer une personne âgée de 57 ans chez un client qui ne recrutait que des jeunes. Cette personne ayant fait les frais d’un plan social ne souhaitait pas se contenter de son indemnité et donc avait émis le besoin de travailler. A part ses compétences techniques très pointues et sa maturité, elle jouissait d’une bonne image (intégrité, moralité, professionnalisme) à tel point que notre client l’avait préférée à des jeunes quadras issues des meilleures écoles et avec des expériences plus que probantes.

Rencontrez-vous fréquemment des candidats qui cherchent un emploi après avoir été subitement «contraints» de quitter leur ancienne entreprise ?
L’exemple que je viens de citer en est un mais que je considère mineur car nous avons vécu des cas désastreux. Ceux qui ont le plus de problèmes sont ceux qui ont quitté avec fracas leur dernier employeur. La mauvaise pub que leur fait leur ex-employeur fait en sorte que tout le monde les évite. Sauf cas de force majeure, il faudrait quitter son employeur en bons termes, il en va de l’avenir professionnel du candidat. Car pour se replacer ailleurs, il faudrait avoir les coudées franches mais également une bonne réputation. Donc être «débarqué» subitement de son emploi n’est pas une fatalité, si la personne a bien anticipé son départ.  

Comment vive-t-on ces périodes de chômage ? Arrive-t-on rapidement à se replacer ?
Difficilement car, pour beaucoup, être au chômage reste une honte vis-à-vis de la société. La pression sociale est tellement pesante que beaucoup de gens cachent leur situation à leurs proches. Certains se relèvent, d’autres accusent le coup.
Arrivent-ils à se replacer ? Oui, quand ils ont tout prévu concernant leur vie «post départ» de l’entreprise. Parfois, certains ont même négocié avec leur ex-employeur une sous-traitance de travaux et se sont lancés dans l’entreprenariat, d’autres ont même été recommandés par leur ancien employeur auprès d’autres entreprises.

Avoir un trou dans son CV constitue-t-il un handicap ?
Cela dépend de la manière dont on entreprend la suite. Par éthique, il faut éviter de mentir sur ces périodes de pause. Il faut dire les choses telles qu’elles sont ; c’est-à-dire en restant sincère. Nous avions déjà placé des personnes qui avaient eu auparavant certains problèmes qui pouvaient constituer une véritable entrave à leur embauche. Elles ont été sincères dès le départ et nous avions pu recoller les morceaux en nous assurant de la véracité  de leurs dires. Nous en avions fait part aux divers clients qui ont accepté nos explications et, par là, ont fini par les embaucher. Cela peut paraître extraordinaire, mais je pense qu’il suffit tout simplement d’être correct et intègre pour se faire accepter : ce sont deux valeurs fondamentales. Je précise que l’on peut tout faire avec une personne de compétence moyenne mais ayant des valeurs qu’avec un profil très pointu mais qui a un esprit de «mercenaire».

Que faire quand on a du mal à se replacer ?
Je dirais qu’il ne faut jamais baisser la garde, qu’il faut toujours solliciter des conseils même quand tout va bien. La «veille informationnelle» permet d’anticiper tous les «imprévus» qui peuvent arriver.
Attention ! demander des conseils ne veut pas dire aller voir n’importe qui car, là, vous risquez de ne pas avoir les bonnes informations ou les conseils appropriés. Renseignez-vous sur la personne ou le cabinet que vous allez consulter. Si c’est un cabinet, il vous permettra de mieux vous replacer ailleurs en vous donnant des conseils pratiques ou en vous recommandant à des entreprises car c’est son «boulot». Il doit être bien sûr convaincu de votre candidature. Si c’est une personne qui forcément pourrait faire partie de votre réseau, n’oubliez pas qu’elle doit d’être rassurée sur vos compétences et votre intégrité pour accepter de vous recommander à quelqu’un. Il faut savoir sur ce point que la cooptation marche très mal au Maroc. C’est pour l’unique raison que personne ne veut endosser la responsabilité des faits que pourrait causer autrui même si c’est une vieille relation.