Pour ou contre le contrôle de présence, des avis partagés

Je considère qu’il est irrespectueux vis-à -vis de ces derniers qu’un employé prenne de mauvaises habitudes en venant en retard et/ou en partant avant l’heure.

Jamal Krim DG du cabinet Reco Act «Le respect des horaires est un gage de respect entre collègues»
Je suis pour le respect des horaires de travail, car c’est un gage de sérieux mais aussi de respect entre les collègues. Je considère qu’il est irrespectueux vis-à-vis de ces derniers qu’un employé prenne de mauvaises habitudes en venant en retard et/ou en partant avant l’heure. En revanche, les agents de recouvrement disposent d’horaires plus souples car ils doivent être sur le terrain.
Pour ma part, je dois montrer l’exemple. C’est-à-dire que je ne peux me soustraire aux règles internes. Il serait mal perçu par mes collaborateurs que je ne respecte pas les horaires. Il m’arrive souvent de venir bien avant l’heure, car j’ai une grande disponibilité pour travailler le matin.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut faire du présentéisme. Ça se sent rapidement. En plus, dans une PME, l’effort de chacun est facilement visible. Ce qui n’est pas forcément le cas dans une grande structure avec de gros effectifs, où la productivité est moins visible.

Brahim Zriba DG de Progress Partner «L’essentiel est de respecter les délais»
La présence est obligatoire pour les employés du front office. C’est tout à fait normal car il y a des interlocuteurs externes qu’il faut satisfaire. Et donc, nous travaillons avec les horaires habituels. Sinon, nous avons des consultants qui travaillent essentiellement sur des missions. La plupart du temps, ils sont chez le client. Autrement dit, la présence sur le lieu du travail ne compte pas. Chacun s’organise comme il peut. Il nous arrive de communiquer uniquement par mail ou par téléphone pour évaluer l’état d’avancement des projets. Pour moi, le fait d’être physiquement au bureau ne compte pas. L’essentiel est de respecter les délais. Bien évidemment, il faut un rappel à l’ordre quand il y a abus. C’est tout à fait humain. Mais l’important est de responsabiliser et de rester attentif aux objectifs, aux résultats et non à la présence en soi.

Abderrahmane Mokhtari Directeur des RH, du budget et des affaires générales au ministère de l’emploi «Les nouvelles technologies bouleversent les méthodes de travail»
Avec l’horaire continu, les fonctionnaires sont généralement présents de 8h30 jusqu’à 16h30 avec une pause de 30 minutes à midi. De nombreux cadres, notamment pour les postes de responsabilité, restent toutefois au-delà de 16h. Mais certains de nos agents ne sont pas tenus de respecter ces horaires. Par exemple, les inspecteurs du travail sont obligés d’assurer une présence à l’extérieur de par la nature même de leurs missions.
Je soulignerai que le contrôle de la présence effective n’est pas une finalité en soi. A quoi sert la présence si le rendement n’est pas au rendez-vous. Tout est affaire de conscience professionnelle. Il y a souvent des abus et il faut savoir être très attentif vis-à-vis des personnes qui, systématiquement, ne respectent pas les horaires de travail. D’ailleurs, l’assiduité joue un rôle important dans l’évaluation de fin d’année.
J’ajouterai toutefois que la flexibilité du temps de travail est aujourd’hui une opportunité pour les entreprises marocaines de pouvoir mieux s’organiser. Les nouvelles technologies ont profondément changé les méthodes de travail. La fixité et la permanence du cadre de travail mais aussi de la fonction exercée sont aujourd’hui remises en cause par une exigence accrue de flexibilité. Avec un PC, un téléphone et l’internet, on peut carrément travailler chez soi.