Parité dans l’entreprise : encore beaucoup d’efforts à fournir

Le Maroc est parmi les pays les plus inégalitaires de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, selon le rapport du Forum économique mondial. En dehors des contraintes sociales, la femme est son propre obstacle car elle reste dans une position attentiste.

Le Rapport mondial 2017 sur la parité homme/femme publié par le Forum économique mondial marque un coup d’arrêt aux décennies de progrès. Le rapport, qui classe 144 pays en termes d’inégalités entre les femmes et les hommes, relève que le fossé se creuse pour la première fois depuis sa première publication en 2006. Au total, 68% de l’écart mondial entre les femmes et les hommes a été comblé et au rythme actuel il faudra 100 ans pour le résorber.

En ce qui nous concerne, il est malheureusement regrettable de constater que le Maroc occupe la 136e position, ce qui le place parmi les pays les plus inégalitaires de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Malgré les efforts déployés ces dix dernières années, surtout depuis que les entreprises se sont engagées dans les processus de mise en conformité avec la loi pour assurer une égalité de traitement, tout porte à croire que le chemin est encore loin pour atteindre les objectifs souhaités.

Mais là où il reste encore du travail à faire, c’est auprès de la femme même car elle reste son propre obstacle.

En 2015, l’Agence japonaise de coopération internationale(JICA) a fait une étude sur la participation des jeunes femmes au marché du travail au Maroc. Ce sondage a mis en évidence la perception qu’ont les jeunes femmes du travail en entreprise. On retiendra que 30,34% des femmes inactives estiment qu’elles ne peuvent travailler et se consacrer à leur ménage et privilégient de s’occuper de leur foyer (dont 37% ont fait des études supérieures). Cet état d’esprit peut être principalement expliqué par la forte pression qu’exerce la société sur la femme qui doit avant tout être épouse et mère de famille.

La femme cadre est toujours confrontée au plafond de verre

Au-delà des pratiques des entreprises, les études effectuées sur le sujet mettent en relief la différence d’attitude des hommes et des femmes vis-à-vis de plusieurs aspects. Par exemple, en matière de salaire, les hommes demandent des augmentations en retour de leur performance. Les femmes sont davantage dans une position attentiste.

Les inégalités se manifestent également dans l’ascension sociale. Trop souvent, les femmes cadres sont confrontées à un plafond de verre dans leur évolution professionnelle.

Mais il faut reconnaître aujourd’hui que la gent féminine est bien présente dans le monde du travail et s’oriente même vers des métiers jusqu’alors réservés aux hommes. Elles sont ingénieurs, conducteurs de bus ou de taxi, pilotes, commandants de bord de navire ou même responsables de mine. Les exemples ne manquent pas, que ce soit dans le privé ou le public. A poursuivre donc.