«On ne se sait pas prendre des décisions rapides !»

Je travaille dans le secteur industriel, particulièrement dans une entreprise familiale qui s’est bien développée depuis quelques années. Le problème c’est que le «mode de management» n’est pas du tout en phase avec la réalité industrielle. On passe un temps fou à prendre des décisions, voire à détecter des problèmes et le plus souvent pour une gestion d’ego qui ne devrait pas avoir sa place dans notre secteur. J’ai été recruté pour améliorer les process, mais c’est surtout les hommes qui doivent l’être ! Que me conseillez-vous ? H.P.- Casablanca

Les process et les hommes ! Vous avez bien raison de soulever la complexité à changer «les hommes» versus la «simplicité» de refonte des process. Car, en effet, s’il suffisait de mettre en place des process pour que tout fonctionne de manière fluide, nous serions dans un monde «imaginaire» très loin des réalités de notre quotidien professionnel.

Un bon point pour votre entreprise puisqu’elle s’inscrit aujourd’hui dans un processus d’amélioration. Maintenant, il va falloir vous pencher sur la question de la mise en application de ces process, et, vous le savez, dans le secteur industriel c’est non seulement très «courant» mais surtout indispensable à la bonne marche des lignes de production !

D’abord les boss

En réalité, ce ne sont pas toujours les «équipes» qui résistent au changement mais bien «les boss», à savoir l’équipe dirigeante. Certes, elle a formulé clairement son souhait de changement, mais lorsqu’il s’agira de procéder différemment, vous constaterez -malheureusement- que les vieilles habitudes sont bien ancrées dans les esprits. D’abord, parce que dans l’urgence, nous avons tendance à réagir en mode «réflexe» et nous hésitons beaucoup à appliquer une nouvelle habitude ou procédure. Nous voulons être certains que nous «réglerons le problème» et nous ne voulons pas prendre le risque de tester une nouvelle façon de faire dans ces conditions spécifiques.

La prise de décision

C’est pourquoi il serait plus judicieux de votre part de mettre en place des procédures, notamment anticipatives, de problème dans un premier temps : elles seront plus facilement applicables par tous et notamment par les boss !

Lorsqu’une seule personne tient dans ses mains toutes les clés pour décider ou lorsque TROP de personnes sont impliquées dans le processus, la décision est le plus souvent inadéquate ou pire, arrive beaucoup trop tard. Cela, bien entendu, à condition que le problème et sa véritable cause soient correctement identifiés! C’est ici que la  notion de «culture industrielle» prend tout son sens ! Car lorsque cette culture est partagée par tous, les approches de résolutions de problèmes sont structurées et surtout rationnelles, laissant de côté toute notion d’ego ou d’émotions.

C’est là que votre travail devra prendre tout son sens.Marteler le message sur la dépersonnalisation de la critique, insistez sur l’importance d’être au rendez-vous des délais, coûts et qualité. Et mettez en place un système clair et simple de traçage des actions, des champs de responsabilités et de décisions de chacun.

Au début, «testez» le process sur des dysfonctionnements mineurs puis petit à petit montez en puissance. Car certains changements, surtout quand il s’agit de «mindset» et de culture d’entreprise, doivent être administrés à dose homéopathique pour que le «traitement» soit véritablement efficace !

A vous de jouer !.