On me reproche d’être trop direct avec mon entourage !

J’ai toujours été «speed». Je me souviens que mes amis d’études me reprochaient souvent mon côté «brut». Aujourd’hui, c’est pire, car j’ai l’impression d’être environné de personnes qui ne se rendent pas compte de l’urgence de certains dossiers. Quand ça ne va pas, je le dis ! Mais je sens que mon comportement gêne de plus en plus et même mon chef m’en a fait le reproche à  demi mots.

Que me conseillez-vous ?
K.R., CASA.

«Moi je dis ce que je pense et tout le monde me connaît pour ma franchise», «Je ne mâche pas mes mots, et c’est comme ça !»… la liste est longue de personnes qui, comme vous, sont «directes». S’il y a certes des avantages à être comme cela, il y a aussi des inconvénients pour votre entourage et pour vous aussi !

Gardez votre objectif en tête

Une des idées majeures en intelligence émotionnelle est de dire qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions, c’est notre manière de les connaître, les canaliser et les communiquer qui est importante. Vous avez certainement de gros défis en la matière ! Car certaines émotions, lorsqu’elles nous submergent, nous font dire et faire des choses qui peuvent être inacceptables dans un environnement professionnel. Il n’y a pas que vous dans l’histoire : il y a aussi et surtout l’autre qui -ayant un autre mode de fonctionnement- peut au mieux trouver votre réaction disproportionnée et, au pire, être profondément blessé. Aussi, apprenez à mieux vous connaître, à connaître vos «déclencheurs de colère» par exemple, et à anticiper sur certaines de vos émotions. Si votre «chef» vous en a fait la remarque, c’est que vous avez  dépassé les limites de tolérance, aussi, vous devez réagir et non attendre de votre entourage d’accepter cet aspect de votre caractère.

Ecouter pour comprendre

Si le fait d’hurler et d’être désagréable vous aide à atteindre vos objectifs c’est bien, mais le problème c’est que cela est rarement le cas. Vous devez savoir que le fait de vous laisser submerger par vos émotions vous éloigne de votre objectif et, ça, votre entourage le sait et l’utilise sûrement à votre insu. Aussi, avant d’entamer une discussion avec un collègue, prenez le temps d’écrire les objectifs que vous souhaitez atteindre, préparez  un argumentaire factuel et, une fois la réflexion aboutie, démarrez votre entretien. Vous démontreriez ainsi votre crédibilité car «hurler en réunion» a rarement envoyé des messages positifs…
Les personnes «nerveuses» ont souvent une fâcheuse tendance à interrompre leurs interlocuteurs, ce qui contribue à leur agacement. Sachez que notre mode de communication est une démonstration du respect que nous éprouvons à l’égard de l’autre, le fait de ne pas l’interrompre en est une autre. Si vous laissez votre interlocuteur développer ses idées jusqu’au bout, vous vous apercevrez peut être que vous êtes en fait d’accord avec lui !
L’ouvrage le plus célèbre de M. Dale Carnegie, Comment se faire des amis, développe de nombreuses idées pour améliorer et donner de la profondeur à nos relations interpersonnelles. La question est de savoir si vous voulez créer un environnement propice à la confiance et au respect et gagner en amitié les gens que vous côtoyez ou si vous préférez rester isolé dans votre bulle, seul contre tous. Certes, vous pouvez dire que «moi je suis comme ça !» mais Einstein l’a dit pour définir la folie : «Vouloir obtenir des résultats différents en faisant toujours la même chose de la même façon» ! Vous pourrez dire ce que vous pensez, mais… avec certaines formes !