Omar El Kindi : «Il existe souvent des réserves lorsqu’on revient chez son ancien employeur»

Omar El Kindi, DG de EK developpement.

Je ne suis pas d’avis à ce qu’un cadre puisse revenir à son ancienne entreprise pour la simple raison qu’il y a toujours une cassure qui se crée dès qu’on quitte son ancien patron et ses collègues ou collaborateurs, même en de bons termes. On risque aussi de retrouver le même climat qui vous a poussé à quitter. D’un autre côté, les habitudes, souvent déterminées par le style de management, l’état d’esprit des collègues et l’environnement de travail auront changé entre-temps.
Lorsqu’on revient, il existe toujours des a priori, des problèmes subjectifs en termes de confiance, de motivation… il existe toujours des réserves, que ce soit du côté du cadre ou du côté de l’employeur.

A mon avis, tout cadre qui souhaite revenir à son ancienne entreprise doit se poser des questions avant de franchir le pas, même si l’enjeu est important. Pourquoi ai-je quitté cette entreprise ? Et pourquoi dois-je y revenir ? Tout dépend aussi des conditions dans lesquelles on a quitté cette entreprise.  

Autre point à prendre en considération, on ne revient pas chez son ancienne entreprise pour retrouver le même management. C’est pourquoi le phénomène est rare, pour la simple raison que les départs sont souvent mal gérés. Ceux qui quittent leur entreprise le font pour de bon. Dans bien des cas, les partants estiment qu’ils n’ont pas eu suffisamment de reconnaissance au sein de leur ancienne entreprise. Dans d’autres cas, la relation affective qu’on nourrit tout au long de son parcours fait que la séparation se passe dans la douleur et qu’on n’est pas prêt à y revenir.

Sur un autre plan, le dirigeant développe souvent une relation paternaliste avec son collaborateur et, du coup, peut interpréter le départ comme une trahison. Par conséquent, son retour ne serait pas accepté.