Omar Benaini : «Revenir à  son ancienne entreprise, un nouveau contrat doit être négocié»

Omar Benaini, Consultant associé chez LMS ORH

La Vie éco : Comment appréciez-vous le fait pour un salarié de revenir à son ancienne entreprise ?

Dans l’absolu, c’est un mauvais choix. Si la personne a la possibilité d’aller voir ailleurs plutôt que de revenir à son entreprise, vaut mieux qu’elle le fasse car souvent le départ est perçu comme une trahison. Du coup, un retour n’est pas bien apprécié.
Quant à l’entreprise, elle doit réfléchir doublement avant d’accepter de recueillir un ancien. Car un retour peut parfois supposer une meilleure proposition en termes de salaire, de poste de responsabilité et de conditions de travail, par conséquent les autres verront d’un mauvais œil ce déséquilibre.

Perd-on son ancienneté lorsqu’on revient ?

En principe, oui ! Le lien contractuel avec son employeur ne peut être discontinu. Pour pouvoir revendiquer son ancienneté légale, il faut rester chez son employeur. Cependant, on peut négocier son salaire sur la base de son ancienneté. Par exemple, quand on passe près de 5 ans dans une autre entreprise, on est censé avoir plus d’expérience que l’on doit capitaliser.

A-t-on droit à une période d’essai ?

C’est un nouveau contrat qui établit de nouvelles règles et, forcément, la période d’essai est incluse. C’est comme un recrutement pour les deux parties. Normalement, toute rupture de contrat met fin aux avantages. Donc il faut renégocier.

Tout est donc remis à plat…

C’est souvent un rapport de force entre l’entreprise et le cadre qui dépend du poste à pourvoir et des compétences de la personne. Si le poste est sensible, il est clair que la personne va reprendre ses mêmes avantages, peut-être plus. Par exemple, dans les domaines d’expertise pointue où les compétences sont rares, les anciens collaborateurs sont souvent les bienvenus. Certains commerciaux et autres directeurs de développement sont aussi sollicités, surtout s’ils ont fait un passage remarqué chez la concurrence.

Par contre, si le poste est banal et que c’est le revenant qui est demandeur, il est clair que c’est l’entreprise qui posera ses conditions.
De son côté, le revenant risque de finir au placard ou de voir toutes les perspectives de carrière se refermer. On doit certes s’assurer des conditions matérielles et de la bonne définition des nouvelles relations professionnelles, mais apparemment ces conditions sont insuffisantes pour assurer la réussite d’une réintégration.

Pour l’entreprise, le retour d’un ancien collaborateur peut être avantageux à plusieurs niveaux : il est rapidement opérationnel, il connaît le mode de fonctionnement de l’entreprise, sa culture, son management… En un mot, il peut reprendre rapidement sa place dans le circuit.