Obligé de passer par le boss !

Je travaille dans une grande structure et je m’épuise beaucoup plus en interne qu’en externe. En fait, rien ne semble vouloir bouger dans cette boîte ! Ils sont très forts pour pérorer et projeter de superbes slides en réunion, mais quand il s’agit de passer à  l’action nous ne sommes qu’une poignée d’irréductibles répondant présent. En fait, le seul moyen de faire bouger ces dinosaures, c’est de passer par le big-boss. Dès qu’ils savent que ce dernier est «dans la boucle», voire suit «attentivement le dossier», alors, là , ils se transforment subitement en ce qu’il devrait être toute l’année, c’est à  dire des personnes qui travaillent vraiment !

Etre obligé de se «faire pistonner» par le big boss pour faire avancer chaque élément de ses dossiers doit certes être épuisant pour vous, mais aussi pour lui ! L’être humain est une machine complexe, ses leviers de motivation sont très spéciaux, et donner envie à une personne de nous suivre une tâche d’autant plus ardue quand nous ne partageons pas les mêmes leviers !

Une question d’image et de maturité

Et oui vous êtes différent de vos collègues «Iznogood» ! Ce qui vous fait avancer c’est avant tout d’atteindre des résultats, d’apporter concrètement votre contribution à la création de valeurs, de faire ce pourquoi on vous rémunère en somme ! Mais pour ces Iznogood, les motivations sont tout autres. Elles recherchent en effet avant tout de l’image. Donner une bonne impression au big boss reste donc la véritable «raison d’être» de leur présence au sein de l’entreprise. De la forme mais pas du contenu, du paraître sans que l’être revête la moindre importance. Et c’est pourtant sur ce levier image que vous devrez vous appuyer pour initier votre bataille «changement de mindset». En tout cas dans un premier temps. Car à force de ne «rien faire», ces personnes ont certainement rencontré PETER (le principe), et doivent avoir besoin d’une sérieuse mise à niveau. Aussi, multipliez les séances de formation, les invitations d’experts qui partageront avec eux leur précieux savoirs, et n’hésitez surtout pas à recruter des générations Y, excellent moyen de réveiller les consciences les plus endormies !

Sanction

L’impunité est le meilleur terreau pour développer la médiocrité en entreprise. La sanction négative bien sûr, car son absence envoie un message clair : «pas d’enjeux pour vous, même quand vous n’êtes pas productif», mais aussi la sanction positive qui transmet un message encore plus pernicieux : «remplir sa part de job, exceller, peu importe, vous serez invisible comme les autres».
Alors, suggérez la mise en place d’un système d’évaluation et de sanction (positive et négative) qui soit équitable pour le bon, le médiocre et l’excellent. Outre l’aspect financier de ce système, le fait d’être «classé» parmi les contributeurs les plus nuls de l’entreprise aura certainement un impact sur eux, car il sera ici également question d’image : personne n’aime faire partie des derniers de la classe !

Et votre big-boss

Une information transmise est erronée, incomplète ? Pas grave pourvu que big boss soit content. Et c’est ainsi que les grandes catastrophes se produisent, car à force de «planquer la poussière sous le tapis», et bien, un jour, une bosse se forme sur laquelle nous ne pouvons que trébucher !
Alors comment l’avertir de l’état du tapis ?
Dénoncer ses collègues ? Taper du poing sur la table ? Demander son «parrainage» pour chacun de vos dossiers ?
Ou alors coacher votre big boss ? C’est cette solution que je vous recommande, amenez-le à être moins «macro» dans ses requêtes, suggérez-lui des tableaux de bord plus «concrets» (et faites-le en commençant par vous même !) ; plus vous mettrez en place des outils de suivi de projets plus le «meet the deadline» sera un refrain que tous vos collègues devront entonner en chœur et en harmonie !
Car, aujourd’hui, aucune entreprise ne peut se permettre de se bercer de fausses illusions, de nouvelles «jolies MAIS erronées», nous devons avancer vite, dans la performance et la vérité !