Nouvelles filières paramédicales au Maroc : Avis de Brahim Nimzilne, Médecin spécialiste – Ostéopathe

« L’ostéopathie est un métier d’avenir »

Ce métier est relativement nouveau au Maroc. Le besoin en praticiens se chiffre à plusieurs dizaines de milliers alors que le métier est très peu connu. C’est un chantier énorme. La première chose à faire serait que nous, ostéopathes, puissions nous organiser en corporation. C’est pourquoi une association regroupant les ostéopathes marocains verra bientôt le jour (en 2015). Elle aura pour première mission de proposer un projet de loi visant à réglementer ce métier. En même temps, elle apportera un code de déontologie et d’éthique. Et puis c’est une des étapes nécessaires par lesquelles passent pratiquement tous les métiers de la santé au Maroc. C’est une fois l’étape de la réglementation franchie que les premières écoles privées verront le jour. Car, actuellement, la formation à ce métier est très rare au Maroc. Nous savons par exemple que quelques cours avaient été organisés à la Faculté de médecine de Marrakech. Aujourd’hui, même les professionnels du secteur ne connaissent pas les établissements qui forment sur ce métier. Car la plupart de ceux qui exercent aujourd’hui ont obtenu leurs diplômes à l’étranger.
En Europe, certains pays ont réussi ce passage alors que dans d’autres, des projets de loi sont en cours d’étude. Dans les pays ayant réglementé cette profession, il faut avoir cumulé avec succès un minimum de 4000 heures de formation, soit 4 années, pour pouvoir exercer. Mais pour accéder à cette formation, certains établissements exigent un niveau minimum de Bac+5. Les médecins sont bien évidemment plus que les bienvenus car ils ont déjà une formation complète sur l’anatomie humaine. La formation d’un ostéopathe est centrée, entre autres, sur la neurologie, la physiologie, l’anatomie et la radiologie.
Le nombre d’ostéopathe ne cesse d’augmenter dans toute l’Europe. Il n’y a aucune raison pour que la même tendance ne soit pas observée au Maroc. Bien au contraire, les Marocains ont appris à identifier leurs besoins. Ils peuvent faire appel aux ostéopathes comme ils le font pour les autres spécialités. Ces profils sont encore peu nombreux (NDLR : une vingtaine au plus, pas de chiffres officiels). Autant dire que le terrain est encore quasi vierge. L’appel est donc lancé. Mais attention ! En l’absence de cadre légal, priorité est donnée à la qualité de la formation.
Seul bémol, les actes d’ostéopathie ne sont pas remboursés par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), comme c’est le cas en Europe où cette profession n’est pas encore réglementée. L’exercice de cette profession reste donc pour le moment synonyme d’aventure, surtout si l’on refuse d’exercer ce métier aux côtés d’une autre discipline médicale. Cela dit, l’ostéopathie reste un métier d’avenir, qui ne tardera pas à s’organiser et à être reconnu. Les formations structurées sont les bienvenues, d’autant plus que c’est un métier qui procure une grande satisfaction personnelle à traiter sans médicaments les maux qui rentrent dans le rayon d’action de l’ostéopathie.