Ne jamais donner une nouvelle orientation à  sa carrière sans bien évaluer les risques

Avis : Ali Serhani, Consultant Gesper Services.

Personne n’est à l’abri d’un accident de parcours. Souvent, on l’associe à un licenciement, mais il peut résulter d’une mauvaise décision personnelle. Pour être succinct, je vais en lister quatre.

1. L’accident de parcours le plus connu étant le choix du mauvais employeur. Le candidat change pour une bonne évolution de carrière et une excellente rémunération. Il croit bien connaître l’entreprise dans laquelle il va mettre les pieds et se retrouve en «enfer» car il a laissé de côté certains détails. Ceci est valable pour des cadres supérieurs qui pensent bien connaître le marché. Il est vrai que le Maroc en matière d’emploi est un très petit village, mais ce qu’on oublie c’est que sa complexité repose sur beaucoup de «non-dits».

2. Changer catégoriquement de métier. On se base sur un bilan professionnel et sur l’avis de son entourage ou tout simplement parce qu’on estime être fait pour le nouveau métier. Ceci, nous le rencontrons beaucoup chez les directeurs commerciaux. Une personne vous dit : «Je suis fait pour le commercial», alors qu’il est tout simplement un bon PR, ni plus ni moins. Etre commercial, c’est une culture, on ne s’improvise pas commercial : on l’est ou on ne l’est pas. Cela est également valable pour d’autres métiers. Par exemple, vous ne pouvez pas demander à une personne qui n’aime pas les gens d’être DRH.

3. Changer de vie en allant s’installer dans une autre ville ou dans un autre pays. Quand on n’évalue pas très bien le pour et le contre, on risque d’être confronté à une tornade de déceptions. Le divorce étant la plus grave pour les personnes mariées. Changer de ville ou de pays, c’est changer de vie, d’amis, de manière de voir les choses, etc. Il faudrait donc penser à son conjoint et à ses enfants avant de se décider. Leur bien-être dépendra de l’environnement. Si la famille ne s’adapte pas, la vie professionnelle s’en ressentira et on risquerait de tout perdre.
Donc même si l’on vous propose un salaire astronomique, prenez le temps de mesurer les avantages et les inconvénients. Beaucoup de gens pensent que cela est très simple et que les mentalités ont changé. Ce qu’on oublie et au risque d’en étonner plus d’un, c’est que le Marocain du XXIe siècle est sédentaire.

4. S’improviser chef d’entreprise. Beaucoup de salariés pensent pouvoir se lancer du jour au lendemain dans une carrière d’entrepreneur. Etre son propre patron ne s’improvise pas et si on calcule mal la trajectoire, on se retrouve du jour au lendemain sans emploi avec un trou béant dans le CV.