Mooc : pour quoi faire et quelle utilité pour les apprenants

Ils peuvent constituer une réponse aux besoins en termes de formation continue s’ils sont inscrits dans une réflexion globale et cohérente sur les connaissances à acquérir, les compétences à développer… Des expériences perfectibles viennent en complément des formations en présentiel.

Depuis quelques années, les Mooc (Massive open online courses) ont investi le monde de l’éducation et de l’enseignement. Entre partisans et détracteurs, ces cours, souvent gratuits et libres, n’ont pas cessé de susciter moult débats.

En tout cas, les chiffres montrent qu’ils séduisent dans le monde entier. La plateforme Coursera revendique plus de trente millions d’utilisateurs enregistrés et deux mille cours en une quinzaine de langues.

Au Maroc, les expériences sont encore timides. L’Université Cadi Ayad a été un des précurseurs dans ce domaine en mettant en ligne des cours en biologie, chimie, science de l’éducation, informatique, sciences juridiques…

Pour sa part, Rekrute, portail du e-recrutement, s’est également lancé dans l’aventure en proposant aujourd’hui plus de 20 000 cours autour des formations métiers, mais aussi sur des thèmes liés au management, au leadership et au développement personnel.

Des expériences certes perfectibles, mais qui aujourd’hui viennent en complément des formations en présentiel, car elles permettent aux utilisateurs de se former quand ils veulent, où ils veulent et à leur rythme.

Etudiants et cadres peuvent envisager de suivre un Mooc pour monter en compétences. Et s’ils le font, c’est parce qu’ils ne peuvent pas utiliser l’enseignement traditionnel, soit parce qu’ils travaillent déjà, soit parce qu’ils habitent dans une région où aucune école ne délivre l’enseignement souhaité, soit parce que le format ne leur convient pas.

Quant à leur efficacité, la réponse n’est toujours pas évidente, car on peut tomber aussi bien sur de bons que de mauvais cours en ligne, sur des formats longs qui nécessitent de la disponibilité et de la patience ou qui ne sont pas  alignés sur le niveau des participants.

Autre problème, l’absence de dispositif d’accompagnement des apprenants, la clé de voûte de la réussite de tout projet de formation par le digital ou e-learning.

Pour Noureddine Al Achari, DG du cabinet Digital World, «la question de l’efficacité de ces formations renvoie aux principes de l’évaluation de toute action de formation et donc à la nécessité de bien identifier en amont les objectifs de formation, les objectifs pédagogiques et les indicateurs d’atteinte de ces objectifs.In fine, les Mooc peuvent constituer l’une des réponses possibles aux besoins en termes de formation continue s’ils sont inscrits dans une réflexion globale et cohérente sur les connaissances à acquérir, les compétences à développer ou à construire…». Alors essayez pour vous en convaincre !