«Mon superviseur fait du favoritisme !»

Je travaille comme conseillère dans un centre d’appel. Au début, c’était juste pour financer mes études. Finalement, j’ai pris un poste à temps plein parce que je me disais que je pouvais évoluer et avoir une meilleure situation.
Mais, quand je vois comment nous traite notre superviseur direct, je commence à douter, parce que, lui, il a ses «chouchous» qui ont droit à tout: les meilleurs horaires, les meilleurs projets (les plus faciles) et bien sûr les meilleures évaluations. Les autres, dont moi, doivent se débrouiller ! Finalement, je me demande si j’ai vraiment un avenir ici.

Que me conseillez-vous ?

Respect et équité. Je comprends que vous soyez dans cet état d’esprit aujourd’hui, car subir une injustice et un manque de respect n’est pas chose aisée. Mais le risque dans ce type de situation, c’est d’alimenter nos croyances à chaque fois qu’une chose arrivera et même si, en réalité, ce n’est pas le cas.
En d’autres termes, c’est de voir sous le même prisme toutes les décisions prises par votre superviseur comme une confirmation de votre jugement de favoritisme. Or, ce n’est peut-être pas le cas, et vous prenez le risque de vous fourvoyer en remettant en question ce manager et votre entreprise au lieu de penser un peu à vous et aux raisons réelles qui, peut-être, seraient la véritable cause de ce qui vous arrive. Par conséquent, discutez-en avec un collègue en qui vous avez confiance et qui est dans la mesure et le recul, et surtout, fuyez les personnes qui alimentent votre colère car cela n’aidera en rien à trouver une solution.

Le meilleur moyen de «combattre son ennemi» est de maîtriser mieux que lui les règles du jeu. Et ici, il s’agit bien des procédures internes de votre entreprise. Aussi, faites en sorte de mettre à jour de la manière la plus précise possible votre connaissance en termes de choix d’horaire, et surtout d’évaluation du personnel.

Défendez-vous en vous affirmant

Plus vous maîtriserez les compétences évaluées et la grille d’appréciation/notation, plus vous serez à même de coller au mieux aux attentes de votre entreprise.

Reprenez la dernière évaluation, examinez ce que vous pourriez améliorer, observez (sans a priori) vos autres collègues (chouchous ou pas) qui excellent dans le domaine ou cela n’est pas votre cas et concentrez-vous à vous améliorer, d’abord pour vous !

Vous verrez, les résultats ne tarderont pas à apparaître, surtout que, dans votre secteur, il existe d’innombrables indicateurs «Quanti» qui laissent très peu de place à l’interprétation.

C’est en agissant dans le respect total de vos procédures que vous aurez la possibilité de vous assurer de cette équité dont votre manager ne vous a pas encore fait preuve.
Mais il ne s’agit pas non plus de rester passif si une vraie injustice se présente !

Pour peu que vous sachiez y mettre les formes (et garder votre calme), vous devez vous imposer. Aussi, à chaque fois que vous constatez un «favoritisme», raccrochez-vous au cadre des procédures en rappelant à votre superviseur que vous les avez bien respectés et que vous méritez donc une décision en votre faveur.

Vous pouvez aussi aller vous plaindre de cela à votre DRH (très sensible à ces aspects dans votre secteur), et cela peut marcher, mais savez-vous quel est le meilleur moyen pour cela ? Vos résultats ! Car si vous excellez dans votre job, il sera vraiment très difficile à votre superviseur de ne pas le reconnaître et encore moins à votre DRH de ne pas vous aider ! Alors concentrez-vous sur vous même et non sur votre superviseur !

Vous n’êtes sans doute pas prête à l’entendre, mais avoir un jour dans sa vie professionnelle un manager défaillant peut être une très grande chance. Car nous devons nous dépasser encore plus (ce qui n’est pas le cas des «chouchous» qui voient leurs compétences s’affaiblir d’année en année), muscler notre endurance et notre détermination et ancrer en nous encore plus l’importance d’être un manager juste et équitable quand nous le deviendrons !