Mon prédécesseur ne veut pas céder sa place !

Après avoir gagné «mes galons», je vais enfin pouvoir être à  ma place, à  savoir celle du «boss». J’ai bataillé dur pour obtenir ce poste et j’en suis vraiment très fier.

Eh oui, après avoir longuement attendu, les derniers 100 mètres semblent toujours terriblement longs, n’est-ce pas ? Mais ces cent mètres sont aussi très précieux…
Situation délicate mais pas permanente !

Ce qui est compliqué à vivre c’est lorsque nous savons que nous sommes dans une situation délicate, et ce, pour longtemps ! Or, cela n’est pas votre cas, n’est-ce pas ? Même si votre prédécesseur joue «les prolongations», vous savez que d’ici quelque temps il vous laissera à vous seul le gouvernail. Aussi, calmez-vous, il ne sert à rien de détruire tout ce que vous avez bâti, toute cette crédibilité depuis des années pour quelques semaines de patience auxquelles vous ne penserez même plus d’ici l’été.

Faites votre place

Mais si vous agissez mal, si vous vous emportez, si vous lui montrez votre agacement à lui, votre équipe ou vos supérieurs, eux, par contre, s’en souviendront longtemps… Alors, votre ego en poche, avancez tout simplement ! Vous avez certes obtenu la place, mais c’est à vous maintenant de tailler le costume : on ne vous a remis que le coupon de tissu et peut-être que le retard du départ de votre prédécesseur n’est finalement dû qu’au fait que vous n’avez pas su encore démontrer pleinement à vos supérieurs vos talents et donc les rassurer ! Car, vous le savez, plus le poste concerné est sensible, plus la direction accorde une attention toute particulière à ces procédures de transition.

Ménagez le passé

Aussi, vous le voyez une nouvelle fois, vous n’avez vraiment aucune raison valable de démontrer votre impatience, bien au contraire, vous devez démontrer :

– Votre capacité d’écoute : si votre prédécesseur prend du temps à vous «briefer» sur certains points, ne montrez pas votre agacement par un «je sais, je sais» mais au contraire, écoutez jusqu’au bout ce qu’il a à vous dire, ces informations seront très précieuses, vous verrez ;

– Votre capacité de remise en question : vous vous étiez fait une idée «toute faite» sur l’absurdité d’une décision prise, sur l’incompétence d’un de vos collaborateurs ou sur la nécessité de revoir une des procédures «inutiles» à vos yeux ? Eh bien, durant cette phase de passation, acceptez de changer d’avis, voire cherchez à remettre en question CHACUNE de vos certitudes avant de les valider ;

– Votre capacité à prendre du recul : oui, vous êtes sur des charbons ardents et vous voulez passer à l’action, mais l’action n’est que le résultat d’une longue réflexion pour analyser puis synthétiser la situation et ce sont ces derniers points qui sont déterminants… Alors rappelez-vous «chi va piano, va sano e va lontano*»…

Enfin, n’oubliez pas le moment venu, lorsque votre prédécesseur aura quitté, d’éviter à tout prix le dénigrement. D’abord, parce que cela n’est tout simplement pas élégant de critiquer un absent, et ensuite parce qu’en le faisant, finalement, votre critique s’adresserait aussi à votre équipe qui a suivi ce «boss» pendant des années. Alors, ménagez le passé en l’OUBLIANT et en ouvrant une nouvelle page sur laquelle vous écrirez vos succès que je vous souhaite performants, collectifs et nombreux !

A vous de jouer !.

Qui va doucement, va sainement et va loin.