«Mon manager est un incompétent pistonné !»

J’ai quitté une entreprise familiale pour une plus grande structure en pensant qu’enfin, il y aurait de l’équité et du respect pour la «méritocratie». J’ai bien vite déchanté car mon supérieur direct est un véritable incompétent qui ne prend aucune décision et les rares fois où c’est le cas, c’est juste des décisions de «make up» sans prise de risques, pour lui permettre de briller quand même un peu auprès du patron.J’ai appris qu’en réalité il avait été placé là parce que personne n’ose le licencier vu ses «relations». Du coup, on fait un travail médiocre avec un manager médiocre…

Toujours des humains quelle que soit la taille de l’entreprise. On ne le répétera jamais assez : la taille de l’entreprise n’est pas un gage de ne pas y rencontrer de mauvais managers. Ce sont les valeurs (réellement vécues), la vision et les procédures qui ont été mises en place qui peuvent jouer ce rôle. Et malheureusement, il est difficile de le savoir avant d’être confronté au réel. C’est aussi pourquoi de plus en plus d’entreprises se préoccupent de leur réputation RH, soignent leur communication à destination des candidats et forment de manière intensive leurs managers.

Y a-t-il que du mauvais ?

Je ne m’attarderais pas sur votre jugement à l’égard de votre supérieur, car au fond, comment être certain qu’il est effectivement «indéboulonnable» et qu’il n’a aucune compétence ? Vous évaluez votre manager avec votre propre prisme : vous aimez les décisions rapides et tranchées, et que les choses avancent vite, mais tout cela n’est pas forcément un atout selon certains contextes où il s’agit de ménager les susceptibilités (et oui…) et de prendre plus de temps pour s’assurer du résultat. Et en cela, votre «manager médiocre» peut vous apprendre beaucoup à propos de la diplomatie et de la patience dont vous devrez un jour ou l’autre faire preuve. Cela ne veut pas dire que vous allez vous transformer en «tartuffe» mais, simplement, apprendre à vous adapter à votre environnement tout en gardant en tête l’objectif à atteindre.

Quant à savoir si vous saurez évoluer dans cet environnement lisse en apparence et où la vitesse est à son minimum pour cause de «frilosité managériale», vous êtes le seul à pouvoir répondre à cette question. Si votre position vous permet une certaine autonomie, que vous allez pouvoir tout de même développer certaines de vos compétences, apprendre un métier, découvrir un secteur d’activité, pourquoi ne pas vous donner une chance (et un délai) avant de penser à donner votre lettre de démission ? Si, au contraire, vous savez que vous ne pourrez envisager votre quotidien dans cette entreprise plus longtemps et que vous allez focaliser sur les agissements de votre supérieur sans pouvoir vous concentrer sur votre champ d’action, alors, oui partez !

Mais partez en vous disant que la perfection n’est pas de ce monde et que vous devrez toujours apprendre à travailler avec les qualités mais aussi les défauts de vos supérieurs et collègues. Dans tous les cas, décidez, et une fois votre décision prise, agissez. Si vous décidez de rester, cesser d’observer les «défauts» de votre manager sous toutes les coutures, et concentrez-vous sur votre job et si au contraire, vous démissionnez, alors menez votre «enquête» avant de faire confiance à une «jolie brochure» et une belle façade d’immeubles de bureau high-tech !

De toute façon, vous avez découvert la face cachée de certaines entreprises et surtout, «appris» quelques «pires pratiques» managériales que, j’espère, vous ne dupliquerez pas.