Moi le Jack Welsh du management ?

Dernièrement, je discutais de façon informelle avec un collaborateur en qui j’ai toute confiance et il m’a confié que mon surnom était «Jack» pour Jack WELSH le fameux ex-patron de General Electric ! J’ai ainsi découvert que ce que je croyais être une de mes meilleures qualités (ma capacité de travail) était en fait considérée comme un défaut par l’équipe qui est apparemment fatiguée de mes emails à  2h du matin et de mes sms du week-end . Il faut bien que le job soit fait, et sans stresser les équipes je ne vois pas comment y arriver, or, c’est mon rôle d’amener le bateau au port ! Mais cette confidence m’a tout de même interpellée car elle est arrivée à  un moment où je commence moi-même à  me poser des questions à  ce sujet.

Que me conseillez-vous ?

En permanence sur la brèche, le manager H24 est très souvent un passionné qui s’implique à 1000% dans son travail ! Doté d’une très forte capacité de travail, ce manager ne baisse «jamais la garde» et ne pense «qu’à ça» (il n’a en général aucune autre activité que le travail, et voit très peu sa famille…). Il a également très souvent des idées très arrêtées sur le mode de fonctionnement de son équipe et gagnerait à développer son empathie !
En effet, il considère comme normal que tout le monde suive le même rythme. Nous sommes en général très motivés de suivre ce type de manager car il démontre un certain talent à gagner notre engagement. Mais passé un certain temps, nous commençons à nous fatiguer…

Soyez équitable

«Une mémoire d’éléphant ! C’était vraiment la meilleure description de mon boss. Il se rappelait absolument de tout ce qu’il nous demandait et surtout de nos “oui” respectueux à ses sollicitations. Gare à celui qui ne tenait pas ses engagements car il était capable de l’interpeller en réunion de façon très directe. J’ai donc pris l’habitude de tenir à jour un fichier que j’ai appelé «Boss» sur lequel je notais absolument tout ce qui m’était demandé. Mais le problème c’est que je ne savais pas dire non, ou plus précisément je ne pouvais pas savoir si ces requêtes étaient SMART car il ne me laissait même pas le temps de le vérifier et puis, de toute façon, “non” n’était pas une option pour lui !»
Soyons réalistes, vous pouvez demander l’impossible quelquefois, mais vous ne pouvez le faire toute l’année ! Pensez à analyser la charge de travail de chacun avant de formuler une requête, cela vous permettra d’évaluer le degré de pertinence de ce «non» et de l’accepter mais aussi et surtout d’augmenter le niveau qualitatif des livrables. Sachez mettre à l’aise votre équipe lorsqu’il s’agira pour elle de vous communiquer la faisabilité ou non de votre requête.
Selon une enquête menée par l’IFAS (Institut français d’action contre le stress), le manager a un impact direct sur le niveau de stress de son équipe. Et  toujours selon cette étude, cet effet est décuplé lorsque ce manager ne fait pas preuve d’équité.
Aussi, sachez être équitable, dans votre reconnaissance, dans la gestion de la non-performance, mais aussi dans la répartition de la charge de travail ! Pensez également à revoir votre organigramme et, le cas échéant, à prévoir de nouveaux recrutements, parfois le seul moyen pour réduire la charge de travail.

La génération y arrive

En fait elle est déjà arrivée ! Cette génération qui privilégie avant tout l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et qui n’est pas motivée plus que cela de faire des journées de 15 heures, même si cela inclut des réunions avec le boss.
«Mon manager m’envoyait des emails et sms en permanence, et ce, même le week-end. Cela peut paraître étrange, mais j’étais flatté de cela et me faisais un point d’honneur d’y répondre très rapidement. Mais au bout d’un certain temps, je me suis trouvé piégé par moi-même et il m’arrivait dans des soirées avec des amis ou en famille à être la seule personne à pianoter sur son GSM… Ne pouvant plus faire marche arrière, j’ai fini par quitter le job car ce n’était pas la vie que je voulais vivre».
Alors si vous produisez une idée à la minute, évitez d’envoyer un email à la minute !
Prenez-en note de ces idées et surtout respectez la vie privée de vos collaborateurs. Cela vous permettra également de découvrir qu’il existe autre chose que le travail durant le week-end, et vous rendre ainsi plus disponible pour vos proches.
Enfin, n’oubliez pas que toujours d’après l’IFAS, le mois de novembre est un mois à pic stress, alors…keep cool Mr Manager !
 A vous de jouer !