Mohammed Benouarrek : «La combinaison entre le présentiel et le télétravail est plus que nécessaire»

Questions à Mohammed Benouarrek, Expert international en RH communication et conduite du changement.

• La Vie éco : Peut-on combiner entre le présentéisme et le télétravail ?
Je ne dirais pas que la combinaison entre le présentéisme et le télétravail est possible mais plutôt nécessaire. En ces moments inédits et complexes, les solutions ne peuvent pas être simples. Certes, des secteurs d’activité se prêtent plus à un mode de fonctionnement que l’autre mais la combinaison reste une obligation aujourdui. Une alternance entre les deux modes de travail, à savoir en présentéisme et à distance, est aussi une autre solution à laquelle certaines entreprises ont eu recours.
L’entreprise a plusieurs types de fonctions : production, support, pilotage, etc. De par cette diversité, elle dispose d’une variété d’activités qui se livrent différemment aux multiples modes d’opération. Qu’il s’agisse d’industries et d’entreprises des services, la place du télétravail est garantie (certes à des taux très différents) tant que le management est prêt à enclencher un processus d’innovation en termes d’organisation.
La capacité de sortir de l’usuel et de challenger la manière de faire actuelle est l’un des leviers de réussite dans cette migration en termes de mode de fonctionnement. Le vrai frein réside à mon humble avis dans le fait de stagner dans l’existant et manquer d’élasticité mentale en termes d’innovation. Comme l’a bien dit George Bernard Shaw, «Il y a ceux qui voient les choses telles qu’elles sont et se demandent pourquoi, il y a ceux qui imaginent les choses telles qu’elles pourraient être et se disent… pourquoi pas ?»

• La combinaison entre les deux approches peut-elle chambouler la GRH au sein des organisations ?
Du tout. Certes l’organisation devra changer mais changer n’est guère un synonyme de chamboulement. La zone de confort incite certains à résister aux nouvelles propositions d’aménagement du travail sur le plan ergonomique ou autre.
La combinaison entre les deux modes de fonctionnement est, en soi, une phase de transition préparant un mode futur que nous ne connaissons peut être pas aujourd’hui.
Au contraire, le rôle du gestionnaire RH aujourd’hui plus que jamais est d’accompagner le changement et le faciliter. L’élasticité d’esprit est un must pour trouver des solutions ingénieuses. Si nous continuons à regarder le setup organisationnel actuel comme la seule possibilité en s’appuyant sur les contraintes présentes, aucune alternative ne s’invitera à la table de proposition. En d’autres termes, il faudra commencer à penser autrement.
Le rôle de la GRH comme facilitateur est crucial en ces moments. Il s’agit de trouver les nouveaux circuits, schémas, shifts, regroupements, possibles et les vendre en internes avec l’appui des managers. Cette dimension motivationnelle est décisive.

• Quels sont les écueils à éviter ?
Je pense qu’il faudra sortir du petit box actuel et des habitudes acquises toutes ces années vécues. Les pistes de dénouement résident dans l’innovation et la capacité à explorer les nouvelles pistes de travail. Pour cela les solutions technologiques ne cessent de nous surprendre.
Il est impératif de se distancier des contraintes actuelles et de se pencher vers les possibilités futures. Albert Einstein l’a bien dit: «Aucun problème ne peut être résolu en restant sur le même niveau de conscience que celui qui l’a créé. Nous devons apprendre à voir le monde d’un autre point de vue».