Mohammed Benouarrek : « Cette année, il y a eu plus de pression pour l’organisation des départs en congé »

Mohammed Benouarrek, DRH de Promamec : La DRH doit aller d’un rôle passif de boîte à  lettres pour recevoir et consolider les demandes de congé vers un rôle prévisionnel et opérationnel explorant les besoins des départements à  la lumière du volume de travail à  accomplir.

Le pic des congés coïncide naturellement avec la période s’étalant de la mi-juin à fin août. Nous recevons massivement les demandes de congé pour cette période de la part de toutes les catégories socioprofessionnelles. Nous tâchons de planifier cet aspect de la gestion des indisponibilités temporaires des salariés en réclamant un booking bien à l’avance (généralement deux mois avant). Ceci dit, il peut arriver qu’il y ait des annulations et des modifications de dates ou de durées. Les contraintes familiales liées à la disponibilité de la conjointe ou du conjoint, couplées aux pressions afférentes aux enfants et leur scolarité, font que cet exercice demeure un challenge permanent pour la DRH.

Notre objectif ultime est d’assurer la continuité du business pour un service irréprochable au profit des clients. Les départs en congé ne doivent absolument pas impacter négativement la qualité des prestations ainsi que le nombre d’heures d’interfaces avec les différentes parties prenantes. Pour cela, la direction des ressources humaines doit impérativement aller d’un rôle passif de boîte à lettres pour recevoir et consolider les demandes de congé vers un rôle prévisionnel et opérationnel explorant les besoins des départements à la lumière du volume de travail à accomplir. Elle agit ainsi comme business partner et cherche à trouver des solutions intelligentes via une gymnastique organisationnelle qui commence à partir de mai.

Il est vrai que pour certains collaborateurs, nous constatons un cumul excessif des congés. Quoique rare, ce cumul émane de différentes sources : mi-match entre les contraintes professionnelles et les périodes souhaitées par le salarié, envie de sur-stocker son congé, etc. Nous encourageons les salariés à consommer leurs congés non seulement pour une question de provisions mais surtout pour des considérations liées à la revitalisation de leur énergie. Le congé est une période importante à respecter pour garder le souffle pour toute l’année.  La gestion du congé doit figurer parmi les priorités du salarié car il en va de son équilibre, son hygiène de vie, son rendement et de sa performance au travail. Certains optent pour des congés en blocs (3 semaines), alors que d’autres les morcellent en 2 à 3 jours collés à des week-ends et/ou jours de fête.

D’un autre côté, je crois intimement que Ramadan n’impacte pas le rendement sauf pour certains métiers nécessitant un effort physique considérable. ça se joue dans la tête. A ma connaissance beaucoup d’entreprises privées optent pour un horaire réduit. La pause-déjeuner est intégrée dans le volume horaire de travail. C’est ce qui explique les différents horaires en fonction du secteur d’activité et de l’éloignement de l’entreprise.

Cette année, encore une fois, Ramadan subdivise le congé en deux périodes de mi-juin au 20 juillet et puis de l’après-Aïd à mi-septembre. Le fait d’avoir des enfants scolarisés ou non reste un facteur déterminant. En revanche, les célibataires sont plus flexibles quant au choix des dates de congé.

Cette année, comme la période visée par beaucoup de personnes est réduite à un mois (avant et après Ramadan), il y a eu plus de pression pour l’organisation des départs. C’est un vrai challenge pour les entreprises et administrations qui doivent assurer la continuité du service tout en libérant le maximum de collaborateurs.
Quelles solutions peuvent alors être apportées au niveau de l’organisation quotidienne ? Ceci dépend des secteurs d’activité. Certaines entreprises choisissent des shut-down (fermetures) pendant cette période de Ramadan pour rénovation (réparation du parc des machines ou autres) pour libérer les salariés. Cependant, cela requiert le consentement des salariés. Une gymnastique intelligente s’impose. Le plus important est d’être dans un esprit positif pour collaborer dans la bonne ambiance afin de contourner toute contrainte et tout obstacle.