Mobilité internationale : les Marocains majoritairement favorables

Trois Marocains sur 5 sont disposés à  changer de travail dès qu’ils en ont la possibilité. L’acquisition d’une expérience à  l’étranger est le premier facteur d’expatriation pour un Marocain. La France, le Canada et les Etats-Unis sont dans l’ordre les terres d’accueil les plus prisées.

L’ouverture des marchés  est devenue un facteur crucial pour un bon nombre d’entreprises qui gèrent de plus en plus de situations de recrutement à l’international. Afin de mieux comprendre les attentes des candidats, The intelligence Group, institut néerlandais de recherche et de conseil stratégique spécialisé dans le recrutement et la communication, a mené une enquête sur les attentes des candidats vis-à-vis de l’international pour le compte de The Network, un regroupement de 49 portails de recrutement, et ReKrute, leader du e-recrutement au Maroc.

Les premières conclusions montrent que la répartition homme-femme au niveau mondial (61%-39%) est plus ou moins proche du panel marocain (70%-30%). Avec un pourcentage de (78%-22%), la population active marocaine apparaît comme la plus paritaire du monde arabe. En comparant le marché marocain au reste du monde, on constate que le statut du répondant est proche. La population des freelance fait l’exception avec un pourcentage de 4% contre 13%. Selon les statistiques, le marché marocain est placé parmi les mieux formés avec un taux de 89% des répondants qui ont un niveau Bac+4/5 ou un doctorat contre 76% dans le monde.
En termes de formation, les Marocains dépassent la moyenne mondiale dans des disciplines telles que le management (29% contre 21%) et l’informatique (29% contre 14%). Il ressort également de l’enquête que les cadres marocains sont généralement favorables à la mobilité (68%), ce qui n’est pas loin de la moyenne mondiale qui est établie à 61%.

En d’autres termes, 3 personnes sur 5 sont disposées à changer de travail dès qu’ils en ont la possibilité. Deux secteurs sont les plus attractifs à leurs yeux, les banques (32% contre 22% en moyenne dans le monde) et l’industrie (27% contre 15%).
Toujours d’après l’enquête menée, 86% des cadres marocains, une proportion qui est plus élevée que la moyenne mondiale (69%), ont déclaré être favorables pour une mobilité à l’international.
Seuls la France et le Portugal ont enregistré des taux plus importants (90% et 97%).

Durée de séjour : pas moins de trois ans pour la majorité

Fait marquant : 89% des cadres marocains veulent avant tout une expatriation de plus de 3 ans, contre 69% au niveau mondial.
Pour ce qui est de la mobilité nationale, pareille que la moyenne mondiale, les Marocains sont mobiles sur le plan local (67%).
Parmi les raisons invoquées qui poussent à l’expatriation, l’acquisition d’une expérience à l’étranger vient en premier lieu alors que d’autres ont mis en évidence l’envie d’améliorer leur niveau de vie ou encore chercher à démarrer une carrière internationale.

En ce qui concerne le choix de la destination, les Marocains préfèrent d’abord s’expatrier en France (61% dont 43% pour Paris), au Canada (57% entre Montréal et Québec) et aux Etats-Unis (47%).
Parmi les motivations à l’origine d’un départ à l’étranger, un meilleur salaire vient en premier pour 61% des sondés contre 54% au niveau mondial, 53% cherchent des opportunités de carrière, 38% optent pour la qualité des formations.
Le Maroc reste tout de même une destination attractive dans le monde, surtout des pays à forte communauté marocaine. Au niveau global, 4% des répondants, soit 6 500 personnes, ont choisi le Maroc comme une destination favorite pour s’expatrier.
On compte la France, le Canada, la Tunisie, l’Algérie, et les Etats-Unis parmi les pays les plus attirés par le Maroc avec un taux qui varie de 11 à 12%. Ces 5 pays représentent environ 60% de l’intérêt pour le Royaume.

Concernant les moyens de recherche, les portails d’emploi figurent parmi les outils les plus plébiscités. Ainsi, 83% des répondants marocains ont recours aux portails emploi comme premier moyen de recherche contre 57% il y a trois ans. Avec un pourcentage de 54% contre 13% en moyenne mondiale, on peut dire que les candidatures spontanées est la spécialité des Marocains. Contrairement aux autres pays (18%), la presse garde un rôle important sur le marché national (33%). Les pays étrangers consultent plus les sites institutionnels (46%) contrairement au Maroc (31%). Finalement, seulement 20% des sondés ont cité les réseaux sociaux pour la recherche nationale ainsi qu’à l’international.
Pour les recherches d’emploi au niveau international, 54% des candidats marocains utilisent les portails internationaux. Viennent ensuite les moteurs de recherche et les portails emplois nationaux.