Mhammed Abdelhak : «Une mission d’arbitrage prend généralement entre une semaine et trois mois»

Le temps est précieux dans ce domaine. Plus vite vous intervenez, mieux c’est pour les deux parties parce qu’un conflit qui dure se complique.

L’arbitrage est une procédure qui vise à prévenir les conflits sociaux et/ou consiste à intervenir en cas de conflit déclaré pour trouver rapidement une solution. Son objectif, louable faut-il le dire, est de promouvoir une certaine harmonie sociale dans l’entreprise. Il va sans dire que la conflictualité dans l’entreprise est le résultat d’une gestion déficitaire des RH. L’idée est donc de passer d’une logique d’affrontement à une logique de dialogue. Le texte précise les conditions de recours à la sollicitation de l’arbitrage, lequel concerne tous les aspects sociaux relatifs à la pratique du droit social et les revendications annuelles (cahier revendicatif). A première vue, il me semble que l’arbitre a du poids et ses décisions s’imposent aux parties en conflit.
Ceci dit, toute personne habilitée à faire de l’arbitrage doit être dotée de capacités de communication, de connaissances en droit social et en relations sociales et syndicales ainsi que d’une grande crédibilité et confiance auprès des protagonistes, sans oublier une solide expérience en gestion des ressources humaines. Il doit aussi être digne de confiance. Cela semble un peu trop exigeant, mais le rôle que l’arbitre est censé jouer s’avère souvent très sensible. D’autant plus que sa mission risque de ne pas aboutir si une des parties a des doutes sur sa crédibilité.

Généralement, une mission d’arbitrage prend entre une semaine et trois mois. Le temps est précieux dans ce domaine. Plus vite vous intervenez, mieux c’est pour les deux parties parce qu’un conflit qui dure se complique. En d’autres termes, il ne faut jamais laisser au temps le temps en matière de conflit.

Pour ma part, en tant qu’arbitre nommé, j’ai dû réaliser certaines missions, mais uniquement dans un cadre informel. Je précise en passant que, pour le moment, la plupart de mes services dans ce domaine sont gratuits. J’y gagne cependant en image. Le problème est que les honoraires sont fonction de la durée et de la complexité des problèmes.
Cependant, le texte ne mentionne pas les prérogatives exactes de l’arbitre et la partie qui doit prendre en charge les frais.
Par ailleurs, j’ajouterais que l’arbitrage social reste encore timide au Maroc en raison de ce vide juridique, puis les entreprises n’ont pas cette culture de faire intervenir des «étrangers» pour résoudre des «salades internes».