Mettez en avant les points positifs de votre carrière pour rebondir

Personne n’est à l’abri d’un accident de parcours, il faut savoir en tirer les enseignements pour repartir
du bon pied.
Mieux vaut changer d’entreprise si le conflit est grave.
Ne pas hésiter à aborder la question directement lors d’un
entretien d’embauche.

Goût prononcé pour la bouteille ou attrait inconsidéré pour le beau sexe, faillite personnelle, incompétence, caractère exécrable… Pas facile de retrouver un emploi lorsqu’on traîne des casseroles. Le monde du travail est petit et votre réputation peut vous suivre tout au long de votre vie. Il suffit que votre responsabilité soit engagée même indirectement par rapport à une grosse affaire qui a fait la une des journaux. Personne n’est à l’abri de tels événements. Conseils de Gérard Pavy, Senior manager chez Capital Consulting, partenaire de CSC, cabinet spécialisé en conseil, intégration et outsourcing.

La Vie éco : Licenciement pour faute grave, harcèlement, détournement, dépôt de bilan… Personne n’est à l’abri d’une erreur ou d’une rumeur malveillante. Comment rebondir après un accident de parcours ?
Gérard Pavy : Il faut savoir tirer les enseignements de ce qui s’est passé et faire le point calmement. Il y a toujours des choses intéressantes à retenir. Il faut ensuite se poser une question essentielle : qu’est-ce que je ferai différemment la prochaine fois ? Enfin, se mettre en route pour une autre opportunité. On ne peut revenir sur le passé, mais le champs des possibles reste immense. On doit surtout rester positif pour ne pas plomber d’entrée les prochains entretiens d’embauche.

Faut-il forcément changer d’entreprise ?
Si la relation est très dégradée, que certaines choses négatives sont remontées au niveau N+2 du supérieur hiérarchique et de la DRH et que la personne ne bénéficie pas de retour positif, il faut prendre certaines mesures. Soit rester dans le poste que l’entreprise vous accorde, mais en effaçant de sa tête toute opportunité de carrières, soit partir. Cela peut-être le moment, si on a déjà un peu d’ancienneté derrière soi, pour essayer de nouvelles pistes professionnelles.

Dans cette deuxième hypothèse, peut-on s’assurer de la discrétion de son ancien employeur ?
Il arrive que les chasseurs de têtes téléphonent à votre ancien employeur pour obtenir des références, mais ils savent généralement que les avis obtenus ne sont pas totalement objectifs.

Faut-il parler des faits ou les taire lors d’un entretien de recrutement ?
On ne vous demande pas nécessairement de rentrer dans ce genre de détails. Donc, ne donnez pas des détails qui ne vous sont pas demandés.
Si on vous interroge sur les causes de votre départ, mentionnez plutôt des éléments objectifs du contexte comme une réorganisation, un changement de direction, des changements de stratégie ou d’objectif. Tout le monde a des accidents de parcours, votre interlocuteur comprendra : ou alors, ce n’est pas un poste pour vous !

Comment évoquer une période peu flatteuse de son parcours ?
La notion de «peu flatteuse» est subjective, elle n’est pas forcément dans la tête de l’interlocuteur. Il ne faut pas communiquer ses ressentis, ses «impressions d’échecs». La vie est faite de hauts et de bas.
Si vous vous sentez en confiance avec votre interlocuteur, vous pouvez aborder directement les évènements, mais en montrant que vous savez rebondir. Votre interlocuteur appréciera votre bon sens et votre ténacité. Soyez toujours enthousiaste.

Gérard pavy Senior manager chez Capital Consulting Si on vous interroge sur les causes de votre départ, mentionnez plutôt les éléments objectifs du contexte, comme une réorganisation, un changement de direction, de stratégie ou d’objectif.

«Montrez que vous êtes sorti mûri de l’expérience»

Personne n’est à l’abri d’une erreur ou d’une rumeur malveillante. Il suffit parfois que votre responsabilité soit engagée même indirectement dans une affaire pour que vous traîniez des casseroles tout le reste de votre carrière. Dans tous les cas, il faut savoir réagir pour ne pas vivre d’autres expériences similaires. A commencer par faire table rase du passé. Même si on est amené à changer d’entreprise, il faut montrer qu’on est sorti mûri de l’épreuve. Ce qui passe souvent par un travail sur soi. Bien évidemment, il est toujours possible de rebondir même si on doit revoir ses objectifs à la baisse (changement de poste et donc de statut privilégié, passage d’une grande à une petite entreprise, suppression d’avantages…).
Il faut commencer par faire bouger son réseau : amis, partenaires professionnels… il suffit parfois de rendre service à quelqu’un pour qu’on vous renvoie l’ascenseur. Et c’est même dans ces moments difficiles qu’on trouve le réconfort qu’on cherche.
Si vous êtes accusé à tort, vous pouvez toujours compter sur des références sûres (ancien patron ou collègues de travail) car votre futur employeur cherchera à vérifier la véracité des faits.
Si l’affaire est portée devant la justice, ayez le réflexe de prouver votre innocence avec des documents à l’appui.

Ali serhani Consultant senior Gesper Services

Quelques moyens pour s’en sortir

Après un différend très grave, il est souvent difficile de relancer sa carrière dans la même entreprise, soit parce qu’on est licencié, soit parce que les faits sont tels qu’il est impossible d’y rester. Quelles sont les voies possibles ?
– Changer de secteur et, parfois, accepter de revoir ses prétentions à la baisse.
– Quand on a des moyens financiers suffisants, faire un break pour se former et se faire oublier.
– Une expatriation est aussi une solution, si le marché est très petit et la faute difficile à gommer.
– Se mettre à son compte.
– Dans tous les cas de figure, il est important d’activer son réseau. Outre le réconfort, on peut y trouver les bons conseils et les coups de pouce salvateurs.