Marché de l’emploi : Avis d’Anouar Jamali, Enseignant chercheur

La montée en puissance de compétences se fait sentir de plus en plus

La logistique se développe constamment un peu partout, étant donné qu’elle est devenue une composante clé pour la compétitivité des entreprises, voire des pays. Cette activité s’est aussi diversifiée et touche plusieurs  domaines : production, distribution, soutien ou encore logistique inverse. Ce dernier étant un processus qui consiste à gérer et à optimiser les flux provenant du consommateur en direction du fabricant. En plus, les différentes mutations techniques, économiques et sociales ont un impact important sur l’évolution des métiers de la logistique et du transport, notamment en termes de qualifications requises. De ce fait, la montée en puissance de compétences se fait sentir de plus en plus.
Sur le plan national, il a été convenu de la nécessité d’une approche de programmation et de mise en œuvre opérationnelle d’un plan intégré de formation dans le domaine de la logistique touchant l’ensemble des niveaux de qualification. En effet, d’ici 2015 et selon les chiffres de l’AMDL, le secteur devrait employer pas moins de 62000 personnes qualifiées allant des opérateurs et techniciens aux ingénieurs et managers. Pour répondre à ce besoin, les universités, les grandes écoles et les instituts publics et privés offrent de plus en plus de formations multi-filières :  génie industriel, logistique, transport, achats, supply chain, etc.

En fait, dans le cadre des travaux du Consortium universitaire financé par la Commission Européenne, dont nous assurons la coordination nationale, nous avons réalisé une étude portant sur l’état de l’art de la formation logistique au Maroc. Plusieurs constats ont été réalisés ; au niveau des cursus de formation par exemple, l’offre est orientée davantage vers  les masters alors que les besoins des entreprises concernent également des profils Bac+2 et Bac+3. Ensuite, il convient de mettre en place des cursus spécialisés plus adaptés et fortement corrélés aux besoins réels et futurs du marché. En effet, la logistique du froid, la logistique automobile et  la messagerie font partie des domaines attrayants et émergents. 
L’enjeu serait également de mettre en place une structure de labellisation des formations spécialisées dans ce domaine, garantissant de ce fait l’adéquation entre l’offre et la demande de manière qualitative et quantitative. D’ailleurs, l’AMDL jouera un rôle crucial dans ce processus, et ce, en concertation avec les départements ministériels concernés (Enseignement supérieur, Formation professionnelle, etc.)