L’Université Hassan II se penche sur les pratiques RH dans les PME

Les PME ne voient toujours pas d’un bon Å“il la mise en place de pratiques RH. Une enquête de l’équipe de recherche de l’Université montre que les insuffisances sont à  tous les niveaux.

Désorganisation, manque de transparence, violation du code du travail, absence de structure RH et parfois même d’outils RH, c’est connu les pratiques GRH dans les PME sont peu ou pas développés. Et pourtant dans plusieurs secteurs d’activité, des PME marocaines ont réussi leur mise à niveau et adoptent aujourd’hui un système de management moderne et évolutif.

C’est dans ce cadre que la réflexion a été engagée par l’équipe de recherche en management des ressources humaines de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Hassan II lors d’un colloque international autour de la thématique sur «la gestion des ressources humaines dans les PME marocaines : quelles pratiques pour la performance ?».

Enseignants chercheurs, DRH mais aussi spécialistes du monde professionnel ont mis en exergue la prise de conscience de l’importance de la GRH comme vecteur d’amélioration des performances à travers les ateliers débats menés autour de la problématique.

D’ailleurs, une étude menée par l’équipe de recherche a montré les insuffisances en matière de GRH dans les PME. Menée auprès de 73  entreprises, l’enquête a porté sur le degré d’élaboration des pratiques RH adoptées par les PME, il en ressort que près de 80% des pratiques RH déployées sont moyennes, voire rudimentaires, qui se limitent principalement à la gestion administrative.

La gestion des carrières est quasi absente dans les PME

Le volet qui souffre le plus d’un manque de considération dans la GRH est la politique de gestion de carrière.
Ainsi, 49 entreprises n’offrent aucune politique de gestion de carrière à leur personnel, soit 67,1% des entreprises de l’échantillon, au moment où parmi les 24 qui déclarent offrir un plan de carrière pour leur personnel, 16 entreprises ne le font que pour une partie de ce personnel, soit 11% des entreprises de l’échantillon  

L’enquête montre également que les PME accordent peu d’importance à l’évaluation des performances. Ainsi 43 entreprises, soit 58,9% de l’échantillon, déclarent ne pratiquer aucune évaluation des performances de leur personnel.
Sur les 30 restantes, 16 entreprises déclarent pratiquer une évaluation non formalisée au moment ou seulement 14 entreprises, soit 19,2% de l’échantillon formalisent cette pratique.

Enfin, le troisième axe qui fait défaut concerne la politique de rémunération qui a tendance à fonctionner avec une prédominance des approches classiques, intégrant partiellement les nouvelles approches de motivation.
Les participants au colloque ont par ailleurs insisté sur le développement de la culture managériale qui contribue au développement des pratiques GRH et par la même occasion à la performance de l’entreprise.