L’industrie reste le secteur le plus dynamique en matière de quête des commerciaux

Mohamed Bennouna, DG du cabinet F2V (formateur de commerciaux)

Il est clair que le marché de l’emploi est calme en cette période.
En ce qui concerne notre activité, à savoir la force de vente, nous pouvons dire que les entreprises veulent de bons profils mais ne veulent pas payer le prix afin de ne pas alourdir leur masse salariale.
Cette attitude est pénalisante car pour avoir un bon profil qui présente des qualités personnelles et professionnelles adéquates, il faut tout de même savoir l’attirer avec un bon salaire.
Sur le marché, nous constatons un fort intérêt pour les ingénieurs commerciaux. De solides compétences techniques associées à un réel talent relationnel en font des professionnels recherchés.
Bien évidemment, l’industrie est le premier secteur à solliciter de tels profils. Je pense également à d’autres secteurs comme la métallurgie, l’électricité, les BTP mais aussi les énergies renouvelables.
Les chargés d’affaires sont également sollicités en cette période, en particulier par les banques. Ce sont surtout des jeunes qu’elles recrutent et la fonction est considérée comme un marchepied vers d’autres postes.
On peut aussi citer d’autres secteurs comme les BTP, le matériel d’équipement domestique…
Je trouve par ailleurs que les candidats oublient de se tourner vers les PME. Malheureusement, ils ont des préférences pour les grandes structures, alors que les petites sont les plus actives au niveau des recrutements, et, bien souvent, quelques-unes proposent de belles perspectives de carrière.
En ce qui concerne les salaires des commerciaux, ils restent tributaires de l’offre et de la demande, comme sur tout marché transparent. Il n’en demeure pas moins que le marché a beau être porteur, il l’est d’abord pour les candidats à fort potentiel. Plus on est spécialisé dans un domaine particulier, plus on est assuré d’avoir un bon salaire. Les salaires dépendent en grande partie de la nature des missions, leur complexité, la nature des services ou produits à commercialiser … Donc, plus on augmente les responsabilités, plus le salaire est important.
Par exemple, un ingénieur commercial toucherait environ 20?000 DH nets et un chargé d’affaires de 15?000 à 20 000 DH nets.
Cela dit, je tiens à rester optimiste. Le déficit de compétences peut être remédié par la formation. Par exemple, dans le cadre de notre activité, nous avons formé et reconverti de nombreux profils qui ne présentaient pas forcément les qualités requises au départ. Cela a donné des résultats probants.