Licencier un collaborateur : Avis de Mehdi Najeddine, DG de Void

Il convient de bien recenser les besoins réels avant de recruter. Il faut aussi savoir aller progressivement selon un calendrier basé sur l’évolution de l’entreprise à  court, moyen et long terme.

En 2011, nous avons perdu un contrat important, ce qui a porté préjudice à notre activité. Malheureusement, nous étions dans l’incapacité de retenir certains collaborateurs. Nous nous sommes mis à l’évidence que nous devions opérer des licenciements, chose qui n’est pas facile.

Le premier enseignement que j’ai pu en tirer réside d’abord en amont. En temps de croissance, il est évident de faire appel à des ressources sauf qu’il faut bien prendre le temps de choisir les candidats, de les évaluer… A l’époque, nous avions eu tendance à recruter dans l’urgence sans prendre le temps de respecter ces étapes. Parfois, le feeling passe avec un candidat lors d’un entretien mais une fois dans le bain, il peut ne pas donner satisfaction.Et donc, on a fait des erreurs de casting. Cela arrive souvent à de nouvelles entreprises qui veulent être immédiatement opérationnelles. Il convient de bien recenser les besoins réels avant de recruter. Il faut aussi savoir aller progressivement selon un calendrier basé sur l’évolution de l’entreprise à court, moyen et long terme. Il ne sert à rien de tout boucler en un temps record si les départs suivront aussitôt après.

Le deuxième enseignement est que forcément le licenciement ne se justifie pas à tous les coups. Grâce à l’expertise d’un cabinet de conseil, nous avions pu procéder à des bilans de compétences pour nos collaborateurs afin de faire le point sur leur parcours professionnel, à identifier les compétences, à analyser les motivations, à définir les objectifs et à répondre aux exigences nouvelles du marché de l’emploi.

Dans certains cas, le bilan a permis à certains d’opérer une reconversion.

Le troisième enseignement est de ne pas dramatiser l’acte de licenciement. Dans notre société, on a souvent tendance à le vivre comme un drame ou comme un échec professionnel alors que la personne peut rebondir ailleurs. Même le manager peut finir par se le reprocher soi-même.