Licenciement : Questions à  Mouhcine Ayouche, DG du cabinet BMH Coach

« Un licenciement en fin de carrière peut être plus durement ressenti qu’en début de carrière. »

La Vie éco : Un licenciement entraine souvent une forte dégradation de l’image de soi, une remise en cause de ses compétences. Quels ressentis peuvent avoir généralement les personnes dans ces conditions ?

Les ressentis vont différer d’une personne à l’autre et leur intensité aussi. Cela va dépendre des conditions du licenciement et de la situation de la personne qui le subit. Un licenciement en fin de carrière ou à un âge avancé peut être plus durement ressenti qu’en début de carrière. En général, cela va créer une souffrance et faire rentrer les personnes en crise dans le sens de rupture avec une tendance à l’auto-dévalorisation, voire à la perte de confiance et de repères.

Peut-on dire qu’il y a toujours une opportunité derrière toute perte d’emploi ?

Il faut croire que oui, dans la mesure où, comme toute expérience professionnelle et de vie, le licenciement peut être une expérience très instructive à condition de ne pas l’appréhender comme une catastrophe ou une situation insurmontable. Parfois, le licenciement contiendra une espèce de cadeau caché et constituera une belle occasion de questionnement sur le métier, le secteur et la carrière que l’on veut construire, voire sur le projet de vie dans son ensemble.  

Toute personne dans cette situation peut, le plus normalement du monde, s’adresser aux cabinets de recrutement et aux employeurs potentiels dans une démarche de prospection de marché et de recherche d’emploi. Bien entendu, un travail de ciblage et de repositionnement préalable est nécessaire.

Avez-vous affaire souvent à ce genre de cas ? Comment les gérez-vous ?

Devant des situations de ce genre, l’intéressé va d’abord pouvoir déposer son mal-être et ses ressentis dans un espace d’écoute et d’échange bienveillant et protégé. Pour moi, j’accompagne la personne coachée dans l’examen des grandes étapes de son parcours avec tout ce qu’elle y a appris et les ressources qu’elle a pu mobiliser, de la reconnecter avec ces apprentissages et ces ressources afin de s’appuyer dessus pour rebondir. Il s’agit également de lui permettre de se projeter, hors contraintes, dans les 3 ou 5 ans à venir et imaginer un «présent recomposé» pour ensuite interroger le projet possible en terme de cohérence, de pertinence, de faisabilité et de réalisme.

Le travail en accompagnement coaching va en général permettre à la personne de reconstruire l’estime de soi via un questionnement autour de la cohérence d’être, de l’équilibre vie professionnelle/vie familiale et de la redéfinition de sa place dans le travail et dans le monde, ce qui peut déboucher sur une reconversion professionnelle ou un nouveau projet de vie… et in fine de déconfusionner, clarifier, se remobiliser pour aller de l’avant et se donner les moyens de sortir par le haut d’une situation de crise.
 
Combien de temps reste-t-on en moyenne sur le marché ?

Je ne pense pas qu’il y ait des moyennes standard ou généralisables. Cela dépend à la fois de la situation du marché de l’emploi, des domaines de compétences des personnes concernées…, mais surtout de mon point de vue et partant de mon expérience de la qualité d’auto-prise en charge par la personne de sa situation et du degré de son engagement dans la construction de son avenir aussi bien personnel que professionnel.