Les vainqueurs des trophées Centre des jeunes dirigeants racontent leur expérience

Ils ont reçu les prix «Responsabilité sociale», «Champion à  l’international» et «Rebondir» lors de la cérémonie du 13 mars.
Pour réussir leur pari, ils se sont appuyés sur des collaborateurs motivés par des projets ambitieux.
Le respect de la législation du travail et des normes d’hygiène et de sécurité est jugé indispensable pour progresser.

Catégorie Responsabilité sociale  

Alaeddine El Bahraoui, Président de Marcotex (Textile) : "Anticiper les exigences des donneurs d’ordre"

Après l’obtention d’un Bachelor en Génie industriel aux Etats-Unis, j’ai pris la direction de Marcotex en octobre 2003 après une première expérience professionnelle au Canada chez SNC-Lavalin (premier groupe d’ingénierie canadien) puis au sein de la direction technique de Veolia Environnement à Paris. Après la faillite de Rosco Clothing, le partenaire et client unique (anglais) de la société, Marcotex était au bord de la faillite. Comme ma famille est actionnaire, on m’a proposé de prendre la direction de la société pour essayer de redresser la situation. C’est le cabinet de conseil qui nous a accompagnés pour l’obtention de la fibre citoyenne qui m’a encouragé à postuler aux Trophées chef d’entreprise. Marcotex compte aujourd’hui 284 salariés. Le conseil que je donnerais à un futur entrepreneur serait de faire les choses comme il se doit du premier coup, qu’il s’agisse du respect des normes d’hygiène et de sécurité ou encore du respect de la législation du travail. Il faut aussi anticiper certaines évolutions en se référant, par exemple, aux normes européennes surtout si les donneurs d’ordre sont étrangers. Si nous avons obtenu cette distinction, c’est grâce à toute l’équipe qui a travaillé et travaille toujours très dur dans un climat de confiance. En cette période difficile, cette distinction ne fait que renforcer notre détermination et nous encourage à persévérer. Je tiens aussi à remercier toute l’équipe de l’ANPME qui nous a soutenus et accompagnés tout au long de ces années.

Catégorie Champion à l’international

Mohamed Benamour, Fondateur de Benson Shoes (chaussures) :"Nous privilégions la qualité au rendement"

J’ai intégré l’entreprise familiale, il y a vingt ans, à l’âge de 23 ans, après des études en commerce international à Paris. A cette époque, je n’avais pas encore repris totalement les rênes de la société. Au départ, nous produisions des chaussures militaires, l’entreprise s’appelait Etablissements Idéal. Nous avons été durant quelques années le leader sur le marché de la chaussure de sécurité au niveau national. Mais la donne a changé en 1987 avec l’arrivée d’un concurrent de taille : la Chine. En quelques années, notre chiffre d’affaires a chuté de 35%. Une rencontre capitale lors d’un salon à l’étranger m’a suggéré de me lancer dans la chaussure de ville. J’avais alors deux possibilités avec le risque de tout perdre : exporter la chaussure de sécurité qui devenait de moins en moins rentable ou développer la chaussure haut de gamme. J’ai décidé d’investir et de me lancer dans la fabrication de chaussures de ville haut de gamme. Benson Shoes est née en 1997 et compte aujourd’hui 80 collaborateurs au Maroc, huit magasins à travers le monde, dont sept franchises.  Je dédie cette récompense à mon équipe car tout le mérite lui revient. Je tiens toutefois à souligner que de nombreuses entreprises marocaines en pleine croissance et qui sont plus agressives en matière de communication et de marketing auraient pu recevoir ce prix. J’ai la chance d’être entouré d’artisans artistes qui ont un savoir-faire particulier, extrêmement technique. Pour conclure, si je devais donner un conseil à un futur entrepreneur, je dirais que tout objectif qualitatif peut-être atteint en y mettant tous les moyens et en se fixant des objectifs réalistes.

Catégorie Rebondir

El Idrissi M’barek, DG de Rony’s (chaussures) :"La conduite du changement a été mon plus grand défi"

Après l’obtention d’une licence en gestion des entreprises et un autre diplôme toujours dans la même spécialité, j’ai intégré Rony’s, société qui appartient à deux frères, en 2003. A l’époque, elle était en difficulté. Il fallait investir dans de nouveaux locaux, un nouveau matériel industriel, l’amélioration de la qualité … Les chantiers étaient vastes. Malheureusement, l’entreprise manquait de ressources financières. Le programme de financement allemand Taahil Moukawalat, monté en partenariat avec l’Agence nationale de promotion de la PME (ANPME), a été notre seule voie de réussite puisque notre dossier a été retenu.
Ceci dit, j’avais un autre défi, celui de la conduite du changement au sein de l’entreprise. Comme je manquais d’expérience dans le domaine du cuir et de la chaussure, les employés étaient réticents, au départ, à l’idée de s’engager dans une nouvelle voie. Pour franchir cette étape, il fallait passer par la certification de notre entreprise, une décision qui a enthousiasmé le personnel. Cette démarche nous a permis de revoir de fond en comble nos procédures de travail.
En 2008, nous avons entamé un autre projet, celui d’intégrer le système de catégorisation des entreprises. Une fierté pour nous puisqu’on a été la première société dans notre secteur à être admise dans la classe A. 
Pour monter en puissance, nous avons également bénéficié du programme Imtiaz qui vise à accompagner les PME à fort potentiel de croissance. Nous avons bénéficié d’un montant d’investissement important qui nous a permis de développer nos activités  tournées exclusivement à l’export. Maintenant, nous pensons a conquérir de nouveaux marchés, notamment celui des Etats-unis. Nous avons également d’autres projets, notamment la fabrication de chaussures pour femmes ou de chaussures haut de gamme.