Les salariés handicapés sont souvent nettement plus motivés que leurs collègues valides

Avis d’experts : Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh

Les préjugés sur les personnes handicapées demeurent très forts. Les employeurs sont réticents à  les embaucher car ils se disent que ces personnes auront besoin d’un encadrement renforcé, qu’ils ne sont pas mobiles. Bref, les faire travailler est, à leurs yeux, trop compliqué et pas assez rentable. Pourtant, les salariés handicapés sont, la plupart du temps, nettement plus motivés que leurs collègues valides. Ils s’investissent énormément dans leur travail, possèdent l’esprit d’équipe, s’intègrent vite, car un emploi leur donne l’opportunité de trouver leur place dans la société, d’avoir des responsabilités, d’être utiles. Même à compétences égales, ils ont très peu de chance de s’intégrer dans le monde du travail. En Europe par exemple, en plus des lois, on prend des mesures importantes pour encourager leur embauche notamment sur le plan fiscal, réglementaire… En parallèle, il existe des mesures légales. En France, par exemple, les entreprises de plus de vingt salariés ont le choix entre verser une contribution à une association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées ou compter parmi leurs employés 6% de travailleurs handicapés.
Autre mesure importante : la mise en place d’ateliers protégés. Au Canada, par exemple, certaines activités sont réservées au personnel handicapé.
Pour revenir à notre cas, le droit de la personne handicapée au travail est certes garanti par la législation marocaine mais il demeure une pure fiction à l’heure actuelle. Il suffit d’observer l’accessibilité des bâtiments publics ou privés pour se rendre compte du niveau d’indifférence à l’égard de cette catégorie de population.
Hormis quelques multinationales de la place qui s’intègrent dans la logique d’insertion de handicapés en suivant les pratiques de leur maison mère, rares sont les entreprises nationales qui prennent des décisions concrètes dans ce sens, sauf peut-être celles dont les patrons ont un parent ou un ami proche qui est dans cette situation.  
L’autre problème est le peu de qualification de cette population. On les trouve généralement dans les métiers administratifs, le secrétariat, l’enseignement ou encore les centres d’appel.
Dans notre cas, j’ai eu à proposer quelques candidats qui ont un handicap moteur (c’est-à-dire une paralysie partielle d’un membre). Personnellement, ce genre de handicap ne me dérange pas du moment que la personne a les compétences nécessaires pour occuper le poste.