Les salaires des cadres impactés par la crise

• Le cabinet Diorh a réalisé deux enquêtes, l’une classique et l’autre spéciale Covid.
• Par secteurs, ce sont les biens de consommation, l’Energie, High Tech et Pharma qui rémunèrent le mieux.

Comment ont évolué les salaires durant l’année 2020 sous l’effet Covid ? Quelles prévisions prévoir pour le reste de l’année, ainsi que l’année prochaine ? Chaque année, le cabinet Diorh, en partenariat avec Mercer, sonde les entreprises structurées de la place pour connaître les tendances en matière de pratiques salariales. Pour cette année, il a été prévu de réaliser deux enquêtes simultanément, l’une classique qui couvre chaque année une diversité de secteurs et de profils, et l’autre inédite spécifique à la crise Covid.
Cette dernière a couvert à la fois les transformations du mode de travail (télétravail) et l’impact sur la gestion salariale, notamment sur les augmentations salariales individuelles, sur la rémunération variable, avantages…
L’enquête spéciale Covid a couvert 53 entreprises, majoritairement issues du secteur pharmaceutique (34%). Les secteurs des biens de consommation (13,2) et des industries (11,30%) complètent le podium. L’échantillon est également représenté par les secteurs des High Tech, autres industries, chimie, distribution, énergie et équipementiers.
Les premiers résultats de l’enquête spéciale montrent que la majorité des entreprises participantes n’anticipent pas d’impacts Covid-19 sur leur effectif.
Dans le secteur pharmaceutique, 72% des entreprises prévoient le maintien des effectifs, contre 16,67% qui prévoient une hausse et a contrario 11% qui prévoient une baisse.
Le secteur des High Tech prévoit également une hausse des effectifs à hauteur de 20% de l’échantillon. Pour sa part, dans le secteur des biens de consommation, 86% des entreprises du secteur prévoient le maintien des équipes contre 14% qui prévoient des baisses.
Au niveau des augmentations des salaires, l’enquête montre globalement que 60% des entreprises n’ont pas été impactées par le virus. L’impact a été ressenti essentiellement sur les secteurs industriels et High Tech. De même que seulement 11% des entreprises du secteur pharma ont subi également une baisse des augmentations.
D’un autre côté, 27 % des entreprises ont accordé une prime spéciale Covid-19 afin de récompenser la contribution des collaborateurs au maintien des objectifs de l’entreprise. Les secteurs des biens de consommation et des industries ont été principalement concernés par ces primes.
L’enquête Covid donne également quelques tendances en matière d’organisation de travail. Il en ressort que le travail à distance a été une pratique adoptée par la majorité des entreprises. Seulement, un tiers de l’échantillon considère que le niveau de productivité a augmenté. A noter que 64% des entreprises ont mis en place une politique de travail à distance, 27,1% des entreprises avaient déjà une politique de travail à distance avant la pandémie et que 59,5% des entreprises proposent à leurs employés des outils spécifiques au télétravail. Parmi les fonctions qui pourront adopter totalement ou partiellement le télétravail après la pandémie, l’enquête cite les fonctions de comptabilité et finance, le business development, les ressources humaines ou encore les IT.
En matière de flexibilité, l’adoption des horaires de travail flexibles est citée à hauteur de 68%, contre 47% pour le travail à domicile, 21% pour le travail à temps partiel ou encore 15% pour la semaine de travail réduite.

Des augmentations timides de l’ordre de 3%
Pour sa part, l’enquête annuelle a connu la participation de 173 entreprises contre 176 l’année dernière. L’enquête couvre également 14 secteurs et 49 045 titulaires de poste traités.
L’enquête 2020 montre que globalement l’année en cours aura connu des augmentations timides de l’ordre de 3,4% pour les directeurs d’organisation, de 3,5% pour le top management, de 3,7% pour les commerciaux ou encore de 3,9% pour les non-cadres.
Les entreprises continuent à privilégier le fixe par rapport à la part variable (représentant plus de 70% du salaire total pour l’ensemble des catégories).
Autre point important, la forte disparité des rémunérations entre les catégories d’emplois. L’enquête montre que les managers sont 2,5 fois plus rémunérés que les cadres.
Par secteurs, ce sont les biens de consommation, l’Energie, High Tech et Pharma qui rémunèrent le mieux.
Les augmentations moyennes tous secteurs confondus ne dépassent pas les 2,5%. Les recrutements sont aussi très réfléchis pour se limiter aux postes ayant une relation directe avec la création du business (commerciaux, recouvreurs, gestion de projets…). Les métiers supports ne connaissent pas de changement significatif en termes de salaires. Par ailleurs, les entreprises marocaines d’aujourd’hui, qui évoluent dans des secteurs compétitifs, veulent miser sur des hommes, tous métiers confondus, qui peuvent faire la différence face à la crise. Les métiers de l’informatique et du digital ont le vent en poupe, car la tendance est à la transformation numérique tous azimuts.
D’autre part, la fonction RH et celle de la finance ont connu un bond cette année en matière de rémunération. Elles ont enregistré respectivement + 11% et +6% d’évolution par rapport à 2019, principalement pour les non-cadres. La fonction vente & marketing a également enregistré une augmentation de salaires de l’ordre de 9,5% pour les cadres.
Pour sa part, la catégorie managers est celle qui a connu la plus forte évolution salariale + 6,2% par rapport à 2019, contre 3,2% pour les cadres, 2,2% pour les non-cadres et 1,4% pour les dirigeants.
L’enquête donne aussi quelques données comparatives entre le Maroc et quelques pays du bassin méditerranéen. La part fixe pour les dirigeants serait de 70% au Maroc, 75% en Algérie, 71% en Tunisie, 78% en Egypte, 77% en Espagne et 76% en France.
Enfin, les salaires des lauréats ont été également passés à la loupe. Globalement, les diplômés étrangers ont été mieux accueillis à l’embauche que les diplômés de l’enseignement national.
Les titulaires des diplômes étrangers bénéficient notamment de niveaux de salaires de 10 à 20 points, mais, en revanche, l’évolution du salaire des diplômés à l’étranger s’estompe à moyen terme.