Les réseaux sociaux : Entretien avec Jérôme Mouthon, DG de l’agence Buzzeff

La plupart des marques, toutes industries confondues, ont adopté les réseaux sociaux comme canal de communication à  part entière.

Ce n’est plus un effet de mode. Par la force du développement des technologies de l’information, les réseaux sociaux, de manière générale, ont pris de l’ampleur et sont devenus de véritables outils de communication, mais aussi de veille, de recrutement… Aujourd’hui, ces canaux ont démocratisé la big data en ce sens qu’ils ont rendu exploitables les données relatives à l’audience. Jérôme Mouthon, DG de l’agence Buzzeff, apporte des éclairages sur la question.

 Quelles sont les raisons qui poussent une entreprise à être présente sur les réseaux sociaux?

Les raisons de la présence d’une entreprise sur les réseaux sociaux sont multiples. Il y en a au moins une, très rationnelle, c’est celle de l’audience utilisatrice de ces réseaux : 2 milliards à l’échelle mondiale et 9 millions au Maroc. La notion du temps étant relative sur internet, cette audience est théoriquement disponible 24h/24, 7j/7 grâce aux terminaux de mobilité et au développement du haut débit 3G/4G. Par ailleurs, les réseaux sociaux ont procédé à la démocratisation de la big data en ce sens qu’ils ont rendu exploitables les données relatives à l’audience en termes de profils, de localisation, de comportement, de centres d’intérêts, de consommation… Autant de critères de ciblage et de segmentation devenus accessibles aux entreprises en vue d’améliorer l’impact de leurs communications.

En outre, il y a une raison d’interactivité instantanée parfaitement mesurable et qui intéresse les entreprises car elle leur permet d’améliorer leurs offres de produits et de services aux usagers grâce aux commentaires et à la viralité en ligne.

En dernier lieu, il y a une raison économique. Les entreprises peuvent développer leurs ventes et leurs flux d’affaires directement via les réseaux sociaux. Près de 8 à 9% de l’économie américaine est transactionnelle online contre moins de 1% au Maroc, et près de 30% de l’industrie touristique mondiale transite par le net, y inclus les réservations d’hôtels, de voitures, de billets d’avions, de spectacles…

 Leur usage n’est donc plus une mode, mais un réel vecteur d’image pour l’entreprise…

On aurait pu croire, il y a 10 ans, que c’est un phénomène de mode, mais lorsque les choses s’inscrivent de façon structurelle dans le paysage socio-économique, on est dans le fondamental et non dans l’éphémère. La notion d’image d’entreprise et plus spécifiquement d’image de marque est clé dans le développement business. Henri Ford ne disait-il pas que «l’une des choses les plus importantes pour une entreprise n’apparaît même pas sur son bilan financier ! La marque». La puissance économique d’une marque n’est plus à prouver. Elle a un effet locomotive sur les ventes au travers de procédés d’empathie, de mémorisation, d’adoption et d’acquisition par le consommateur. Ce n’est pas un hasard si des marques globales comme Danone, Samsung, Nike, Apple… ont une force de frappe économique dépassant l’envergure de certains Etats. C’est pourquoi les entreprises portent une attention toute particulière à leur image et à leur image de marque via les réseaux sociaux car elles ont conscience de l’importance de cette dimension. A cet égard, la plupart des marques, toutes industries confondues, ont adopté les réseaux sociaux comme canal de communication à part entière et les utilisent pour interagir avec leurs clients, promouvoir leurs services auprès des prospects et améliorer continuellement leurs offres.

Quels sont les types d’entreprises qui vous sollicitent généralement ? 

Nous travaillons avec tout type d’entreprise, publique et privée, et tous secteurs confondus. Nous accompagnons leurs marques dans leur démarche d’amélioration de leurs communications au moyen d’un dispositif que Buzzeff est la seule à proposer en Afrique, c’est la publicité vidéo native appelée InRead™ et diffusée exclusivement via un réseau d’éditeurs premium, permettant d’atteindre une audience de grande qualité et à grande échelle. Naturellement, il y a des “early adopters” qui sont des entreprises à l’avant-garde tels les opérateurs de télécoms, le secteur automobile, les banques ou encore la grande consommation. Puis il y a les “followers” qui généralement suivent après validation des concepts et préfèrent attendre que les solutions technologiques fassent leur preuves avant de les adopter à leur tour. Nous disons à tous, le marché n’attend pas, les opportunités n’attendent pas. Et ne pas investir dans la présence online, c’est ignorer le futur de l’économie. Peut-on ignorer aujourd’hui l’utilité du téléphone mobile par exemple ?

Que faut-il communiquer  sur ces réseaux ?

Comme j’ai pu le mentionner plus tôt, la communication sur les réseaux peut revêtir plusieurs formes: publicitaire, informative, communautaire, évènementielle, institutionnelle, promotionnelle… Toutes les formes sont ouvertes. Il convient de bien choisir le vecteur du message afin de veiller à l’équilibre des communications textuelles, visuelles ou vidéo. Le multimédia a montré une meilleure efficacité et impact que les messages statiques. C’est pourquoi la vidéo a de plus en plus d’adeptes sur internet et constitue le meilleur vecteur pour communiquer les messages clés de l’entreprise. Nous avons constaté depuis deux ans que le recrutement se faisait en ligne via des vidéo-post et d’autres applications sont à venir.

Comment exploiter les retours de ces outils de communication ?

Le retour des outils de communication et de leur efficacité se mesure au succès commercial des entreprises utilisatrices ainsi qu’à la satisfaction des consommateurs utilisateurs. Il y a des moyens de calculs de retour sur investissement grâce à la mesure en temps réel que permet toute activité sur internet. Il y a également des moyens post-mortem tels que les enquêtes de mesure et l’extrapolation comme moyen d’exploitation décisionnelle. Enfin, il y a la data en temps réel qui est fournie par l’utilisateur au travers d’informations collectées, modélisées et restituées aux entreprises afin d’anticiper des choix économiques futurs.