Les rémunérations des dirigeants américains rendues publiques

La Securities and Exchange Commission (SEC) a mis en ligne le premier site
internet renseignant sur la rémunération de 500 dirigeants des plus grandes sociétés
américaines

Stanley O’Neal, PDG de Merill Lynch, a été le manager le mieux
payé en 2006 avec un salaire annuel de 91 millions de dollars (728 MDH).

Le gendarme de la Bourse américaine, la Securities and Exchange Commission (SEC), expose les salaires des grands patrons sur la place publique. Déterminée à  rendre l’information sur les rémunérations plus transparentes, elle a mis en ligne le premier site internet permettant au public de savoir combien gagnent les principaux dirigeants de 500 des plus grandes sociétés du pays, et de classer ces résultats selon la capitalisation, le chiffre d’affaires ou le secteur d’activité de l’entreprise.

L’adoption de règles de divulgation plus strictes par la SEC en juillet 2006, obligeant notamment les sociétés à  indiquer la rémunération totale de chacun des 5 principaux dirigeants, bonus et stock-options compris, avait forcé les sociétés à  donner des informations plus claires et plus exhaustives concernant l’exercice 2006, dans les documents envoyés aux actionnaires en printemps 2007 à  l’approche des assemblées générales. C’est cette information que la SEC a archivée et marquée électroniquement pour constituer une base de données facilement exploitable par internet.

Accessible à  partir du site du régulateur américain, ce comparateur en ligne rappelle que Stanley O’Neal, PDG de Merill Lynch, a été le manager le mieux payé en 2006 parmi 500 dirigeants d’entreprises référencées. Sa rémunération tourne aux alentours de 91 millions de dollars, dont 67 millions en actions gratuites et «seulement» 3 millions en stock-options.

Controverse sur la façon de valoriser les actions gratuites et les stock-options
Ironie du sort, en octobre, le patron de Merrill Lynch était poussé vers la sortie sans indemnités de départ, emporté par la tourmente du «subprime», après avoir déprécié pour 8,4 milliards d’actifs et annoncé les premières pertes trimestrielles de son établissement en six ans.

Le cas de Stanley O’Neal apporte également un éclairage intéressant sur la controverse portant sur la façon de valoriser les actions gratuites et les stock-options. Après avoir envisagé d’exiger que les sociétés divulguent la valeur estimée des titres et options reçus au cours de l’année concernée, la SEC avait finalement préféré retenir la valeur des options pouvant être exercées au cours de l’année. Un choix que nombre d’observateurs ont jugé susceptible de conduire à  une sous-estimation.

Au contraire, avec la méthode de calcul alternative, également disponible sur le site, on s’aperçoit que la valorisation des actions et options de l’ancien patron de Merrill Lynch retombe à  27 millions de dollars, et sa rémunération totale à  48 millions. La preuve, s’il en fallait une, que les outils informatiques permettent de gagner du temps, mais qu’ils ne sauraient se substituer au travail de l’analyste.