Les précautions pour ne pas rater son repas d’affaires : Avis de Youssef Iraqi, DG de Ice Concept

Mettre à  l’aise son invité et ne jamais parler business avant le dessert.

Pour le choix du midi ou du soir, je laisse généralement le choix au client.
Mais il va de soi que je préfère les déjeuners pour éviter la fatigue de fin de journée et pour plus de concentration.
Cela me permet aussi d’être plus efficace tout au long du repas. L’autre avantage d’un déjeuner d’affaires c’est qu’il ne dure généralement pas plus de deux heures alors qu’un dîner peut s’éterniser.
Face à un client, la règle essentielle pour moi est de lui faire sentir que le business est secondaire. C’est pour cela que je conseille de n’aborder le sujet que très tardivement, durant le dessert par exemple.
En fait, partager un déjeuner ou un dîner sert principalement à détendre l’atmosphère et à établir une relation de confiance. Parler business en début de repas peut gâcher ce moment.
J’essaie donc de mettre mon client à l’aise  en prenant le soin de l’imiter dans le choix de ses plats.
Mais en réalité cela dépend du client, si c’est un étranger, par exemple, j’opterai volontiers pour un restaurant marocain et ainsi lancer la conversation en abordant la gastronomie marocaine.
Je pense qu’il est important de bien maîtriser le vocabulaire culinaire, autrement on peut se retrouver à bafouiller devant une question sur le «zaalouk» ou la pastilla, surtout si c’est en anglais, ce qui m’est déjà arrivé.
Il faut bien sûr choisir des endroits calmes avec une ambiance «professionnelle».
Par ailleurs, il faut toujours privilégier la proximité et donc éviter de choisir un restaurant excentré ou loin du bureau de son client pour éviter tout retard.
Il est aussi essentiel de se renseigner sur les habitudes et les préférences de son client. Et surtout ne pas oublier de réserver et confirmer sa réservation.
Pour moi, un repas d’affaires se révèle être un excellent moyen d’instaurer un climat de confiance avec son client.
Et il a plusieurs objectifs : construire un relationnel durable, conclure un marché, débloquer une situation, etc.
D’ailleurs, au Maroc, on dit souvent «chrakna tâame», littéralement partager la nourriture ensemble, pour qualifier un certain degré d’intimité entre des personnes. Eh bien je vous avoue que cela n’a jamais été aussi vrai pour le business.