Les précautions à  prendre avant de partir en congé

Pour vous éviter le stress de dernière minute, préparez votre
intérim longtemps à l’avance.
Assurez-vous que les dossiers urgents sont réglés.
GSM et e-mail vous permettront de rester à l’écoute.

On y est ! Dans quelques semaines, voire quelques jours, beaucoup d’entreprises vont commencer à tourner au ralenti, si elles ne baissent pas tout simplement rideaux pour trois à quatre semaines. Et pour cause, la période estivale correspond à une période de grand départ en vacances. Si les salariés sans responsabilités contraignantes peuvent partir tranquilles, il en va autrement des cadres ou des salariés qui, en raison de leurs activités, sont obligés de développer un réseau de relations externes. On peut citer par exemple les commerciaux. Pour ceux-ci, le départ en vacances doit être soigneusement préparé, sinon, toute l’énergie qu’ils auront accumulée durant les deux à trois semaines de farniente sera dépensée dès les premiers jours de la rentrée. «Je ne referai jamais la même erreur», assure Othman Jirari, responsable commercial dans une société de distribution de matériel électrique. «La personne qui devait livrer la commande a concédé trois jours de retard par rapport au délai de livraison négocié avec le client. A mon retour, ce dernier a exigé d’être dédommagé parce que, a-t-il argumenté, son client avait fait de même. Pour ne pas le perdre, j’ai été obligé de négocier avec ma hiérarchie qui, bien sûr, n’a pas apprécié le surcoût à payer», poursuit-il. Comme ce responsable commercial, de nombreux cadres retrouvent sur leur bureau, qui un paquet de dossiers en souffrance, qui des factures à régler ou même des chèques à encaisser. Sanction de ces négligences : outre un investissement individuel supplémentaire pour rectifier le tir, les performances de l’entreprise s’en ressentent.
Que faire ? Contrairement à un arrêt maladie qui survient inopinément et prend de court l’organisation, dans le cas des congés, on a le temps de planifier. Et ce n’est pas en une ou deux journées qu’on prépare son départ. Pour éviter tout stress lié aux préparatifs, il faut s’y prendre tôt. Pour partir tranquille, il est indispensable de régler tous les dossiers urgents. Il faut aussi faire le point avec ses collaborateurs, donner des consignes et déléguer ce qui peut l’être.

Ne pas avoir à dépenser, dès la rentrée, l’énergie récupérée en vacances
Encore faut-il avoir sous la main des personnes sur lesquelles on peut s’appuyer. Dans les entreprises organisées, qui mènent une vraie politique de gestion des compétences, il ne doit pas y avoir de difficultés. De plus, souligne Abdelilah Sefrioui, consultant en ressources humaines, «le fait de confier une fonction par intérim à une personne lui permet notamment de profiter d’une nouvelle expérience et de se bonifier». Pour un collaborateur c’est donc une marque de confiance qui peut influer de façon bénéfique sur son comportement ultérieur et son degré d’implication. C’est au manager de faire en sorte que de telles compétences soient disponibles à tout instant. En effet, le rôle d’un manager est de veiller à ce que ses collaborateurs soient performants. S’il y arrive, ces derniers doivent pouvoir prendre en charge un certain nombre de missions sans qu’il y ait de dérive.
Dans certaines entreprises, un collègue chef de service ou de département peut faire l’affaire. Dans d’autres, la délégation est bien codifiée et les tâches essentielles ou stratégiques reviennent directement aux collègues situés sur la même ligne hiérarchique. Cela leur permet d’avoir une vision plus large sur la gestion de l’entreprise.

On ne peut déléguer tous les dossiers
Toujours est-il que l’on ne peut déléguer tous ses dossiers, même si, dans l’absolu, personne n’est indispensable pour faire tourner une entreprise.«Certains dossiers, comme les négociations salariales, la gestion des heures supplémentaires et les embauches sont toujours laissés en stand-by. Même le DG se refuse à prendre des décisions sur ces questions durant mon absence», assure un DRH d’une grande société. «Ce n’est pas pour éviter de prendre des risques, mais, dans l’entreprise, je maîtrise ces dossiers plus que quiconque». Et en cas d’urgence ? C’est une hypothèse à ne jamais écarter. Aussi faut-il être joignable par une poignée de personnes, la secrétaire ou le suppléant. «Aujourd’hui, le téléphone portable et la messagerie électronique font parfaitement l’affaire», souligne Karim Bennis, DG d’une PME. Mais ce serait une catastrophe si le téléphone sonnait à tout instant.
On peut donc sans encombre, à condition de prendre les précautions nécessaires, oublier pour quelque temps le stress et les contraintes de la vie professionnelle et redonner un sens à la vie familiale ou aux relations amicales. C’est indispensable pour ne pas «craquer» au milieu du gué