Les managers maintiennent le cap

«La crise ne remet pas en question notre politique de gestion des ressources humaines»

En clair, nous avons une activité soutenue en début d’année. La plupart de nos hôtels sont orientés business et arrivent à performer, principalement à Casablanca et Rabat.
En revanche, on  constate un ralentissement sur Marrakech et Essaouira et un peu moins à Agadir. Grosso modo, nos recrutements ne sont pas remis en question parce que notre politique d’expansion se poursuit. Compte tenu du déficit en matière de bonnes compétences que connaît le Maroc, nous recherchons principalement des candidats dotés d’un savoir- être et nous leur apportons l’expertise qu’il faut.
Cela est aussi valable pour les cadres. Il faut souligner également que nous jouissons d’une bonne image, que ce soit au Maroc ou à l’international. De ce fait, nous recevons beaucoup de candidatures et ne ressentons pas de pénurie de ressources humaines.
D’un autre côté, nous n’avons pas de restriction budgétaire concernant notre politique de rémunération. La crise n’aura pas finalement d’impact sur les salaires.

«Toutes nos prévisions de recrutement sont maintenues»

En 2008, notre secteur, l’agroalimentaire, a été touché par l’envolée du coût des matières premières et cela s’est répercuté sur les prix des denrées alimentaires.  On le voit à travers l’indice du coût de la vie qui est passé de 2,2 % en 2007 à 3,9 % en 2008.
Pour ce qui est de notre entreprise, le début de l’année a été plus que satisfaisant en termes de chiffre d’affaires. Par conséquent, toutes les prévisions de recrutement sont maintenues. Dans le secteur, la compétition pour attirer les meilleures compétences n’a jamais été aussi intense. Nous ne sommes pas dans la même logique qu’à l’étranger. D’ailleurs, nous avons constaté que les jeunes Marocains, notamment les lauréats des grandes écoles, pensent de plus en plus à rentrer, vu que les offres d’emploi s’amenuisent.
Concernant les salaires, nous sommes en pleine négociation avec les syndicats. En principe, les prévisions d’augmentation ne connaîtront pas de grands changements.

«Les travailleurs temporaires sont les premiers touchés»

Les premiers effets de la crise se sont manifestés avec la hausse des matières premières et des denrées alimentaires. Les problèmes financiers internationaux ont aggravé la situation notamment dans les secteurs du tourisme et de l’automobile. C’est aussi le cas pour le textile & habillement. Dans ce secteur, on estime les postes perdus entre 8 000 et 10 000. Les travailleurs temporaires, qui constituent la majorité de l’effectif, sont les premières victimes. Je pense que les plans de soutien mis en place pour les entreprises en difficulté sont importants, et permettront de relancer la machine s’ils sont bien menés.

«Les entreprises cherchent plus d’efficacité»

Mon cabinet  n’est pas spécialisé en recrutement, mais j’ai l’impression que le marché se maintient par rapport à janvier et février 2007. La plupart de mes clients m’ont confirmé qu’ils concrétiseraient leurs projets de recrutement.
Par exemple, je vois que les banques continuent de recruter, ne serait-ce que pour remplacer les départs, et les call centers n’ont pas arrêté. A mon avis, il y a des postes à prendre dans plusieurs domaines mais la qualité des ressources humaines ne suit pas.
Ce qui est cependant sûr, c’est que tous les chantiers en matière d’organisation RH, dont j’ai la charge, tant dans le public que dans le privé, sont maintenus. Cela veut dire que les entreprises cherchent plus d’efficacité grâce à un meilleur déploiement et un bon suivi du personnel en place.