Les irréductibles au changement sont plus forts

J’ai intégré un groupe important et j’ai vraiment beaucoup de mal car c’est vraiment un univers à  part où les non- dits sont légion. Il ne faut surtout pas soulever ce qui ne va pas, encore moins en présence des «grands chefs». Le problème c’est que justement il y a de nombreuses choses qui doivent être améliorées et, entre autres, j’ai été recruté pour ça ! Nous nous retrouvons entre deux clans : les irréductibles au changement et nous les porte-drapeaux du changement. Mais j’ai l’impression que je ne terminerai jamais ce chantier tellement les résistances sont nombreuses et sournoises!
Que me conseillez-vous ?
m.k. casablanca

Certaines de ces gran-des structures ont en effet une culture du non-dit qui peut étonner dans un premier temps mais qui n’est pas si rare que cela.
En effet, des décennies d’habitudes ont tout simplement transformé ces dernières en coutumes. Alors, que faire ? Décider que cela n’est pas la bonne façon de faire une bonne fois pour toutes ? Cette démarche n’apporte en général que rejet voire blocages de toute part.
Par contre, comprendre les différences et surtout ne pas tout rejeter en bloc semblerait être plus efficace. Les grands changements sont ceux qui n’ont pas été perçus pendant qu’ils étaient instaurés mais, une fois établis, leurs résultats sont positifs pour tous !

Commencez doucement

Si vous avez été recruté pour changer les choses, vous ne l’avez certainement pas été pour tout bouleverser en quelques mois !
Aucun changement ne peut être accepté et donc instauré s’il ne s’inscrit pas dans la durée. Aussi, commencez doucement et travaillez étape par étape.
Il est donc fondamental pour vous d’appliquer un des principes Dale Carnegie, si simple mais si efficace lorsqu’on l’applique pleinement : «Intéressez-vous réellement à votre interlocuteur». En effet, si vous cherchez à comprendre cette entreprise, ses équipes et les raisons de ces traditions, vous en arriverez certainement à en analyser les effets pervers mais aussi les bienfaits.
Et vous réaliserez également que peut-être (je dis bien peut-être) êtes-vous également responsable de ce rejet par votre non-flexibilité que vous êtes le premier à reprocher à votre entourage.
Evitez de demander l’intervention du chef lorsque vous rencontrerez des blocages (meilleur moyen de les multiplier…) mais préférez les réunions en «one to one» pour éclaircir les points sans oublier de multiplier les déjeuners propices à des échanges conviviaux. Gardez votre calme même lorsque vous aurez à affronter des gens de mauvaise foi, maîtrisez vos émotions tout en restant ferme .

C’est qui le chef ?
Vous évoquez «les chefs», mais ne parlez pas du «Grand Chef». Si cette personne vous a recruté pour mener à bien ce changement c’est qu’il en a détecté le besoin et donc le bien-fondé. Vous ne pourrez mener cette bataille seul, votre chef doit lui aussi vous aider notamment en rappelant à chaque fois la raison d’être de votre mission !
Maintenant, prenez garde, car même si vous avez le feu vert de ce dernier il ne s’agit pas d’une carte blanche ! Il n’acceptera probablement pas que vos projets et démarches soient à l’origine de conflits. C’est donc à vous de trouver le moyen de vous faire entendre et c’est certainement la partie la plus passionnante de votre mission. Après tout, vous cherchez à convaincre n’est-ce pas ? Parleriez-vous espagnol à un chinois ? Non ! Alors faites de même avec vos collègues. Vous adapter à eux c’est aussi votre manière de démontrer votre intérêt à leur égard avec…élégance ! n
A vous de jouer !