Les entreprises sont surtout à  la recherche de cadres opérationnels

Les commerciaux restent par excellence les profils les plus demandés sur le marché de l’emploi.
De nouveaux profils intéressent les entreprises dans des secteurs naissants, des métiers classiques, comme la finance, où les profils doivent se mettre jour pour s’adapter à  de nouvelles techniques.

La crise n’a pas eu raison du marché de l’emploi. Il y a encore beaucoup de secteurs qui continuent de recruter de manière assez soutenue. Banques et assurances sont rangées dans cette catégorie, ainsi que l’agroalimentaire, dans une moindre mesure. En revanche, une activité comme l’aéronautique souffre de la baisse des commandes. Siham Alaoui, consultante à Convergence conseil, fait l’état du marché de l’emploi en cette période de rentrée.

Le marché de l’emploi semble toujours stagner, quelle est votre lecture de la situation actuelle ?
De manière générale, le marché de l’emploi marocain évolue en dents de scie. Certes, il y a eu un petit creux engendré par les vacances et Ramadan, mais la cadence devrait s’accélérer durant le reste de l’année. L’essentiel des secteurs offre des emplois à tous les niveaux. De même que l’arrivée de quelques groupes étrangers au Maroc a créé toute une dynamique de recrutement et de mobilité. Ceci dit, on est loin des recrutements de masse que le pays a connu il y a quelques années. Les entreprises sont surtout à la recherche de cadres opérationnels. Il faut reconnaître aussi que la performance économique ne constitue pas à elle seule la cause de cette inertie. Le manque de nouveaux investissements fait que le marché de l’emploi reste limité.   
Le point important est que le recrutement se professionnalise de plus en plus et que les entreprises expriment des besoins très précis concernant les profils recherchés.

Quels sont les secteurs qui recrutent ?
Tous les secteurs continuent de recruter. Le secteur financier, en particulier les banques et les assurances, reste le plus dynamique. Ce secteur est en pleine mutation et le champ de croissance est encore très vaste.
L’agroalimentaire et l’industrie ne sont pas en reste. En revanche, nous avons constaté une baisse de recrutement dans le secteur aéronautique. Bien entendu, la crise internationale y est pour quelque chose.

Et pour le tourisme ?
C’est le secteur qui présente l’un des plus importants potentiels en matière de création d’emplois mais qui reste soumis aux fluctuations de la conjoncture mondiale. C’est aussi le secteur le plus dépourvu en matières de ressources humaines, surtout au niveau des postes d’encadrement. Les directeurs de restaurants, les chefs de cuisine et les maîtres d’hôtels qualifiés pour les restaurants et les hôtels sont très recherchés. D’autres profils comme les réceptionnistes, chefs de conciergerie et bien d’autres sont demandés sur le marché.
Il faut dire d’emblée que ces profils sont difficilement trouvables. Et pour cause, outre la maîtrise du métier, les exigences en termes de langues et présentation sont de plus en plus élevées. Sans oublier que le secteur connaît un fort turn-over dû en grande partie à la concurrence étrangère. Les profils les plus pointus préfèrent s’expatrier dans les pays du Golfe ou en Europe pour des raisons de salaire ou d’évolution de carrière. Justement en ce qui concerne la rémunération, il est difficile d’avoir une grille homogène. Pour le même poste, le salaire peut aller du simple au triple ou quadruple, selon les établissements. Mais certains essaient de faire un benchmarking pour se situer.

Quels sont les profils les plus recherchés ?
Les profils recherchés, d’ordre général, restent assez diversifiés. Les commerciaux restent par excellence les profils les plus demandés. Technico-commerciaux, chargés d’affaires ou de clientèle, chefs de produit ou tout simplement directeurs commerciaux, la demande porte sur tous les profils. Les profils du marketing sont aussi sollicités surtout dans le domaine des services.
Les ingénieurs continuent également d’être très demandés dans les fonctions maintenance, production ou qualité.
Il y a aussi des besoins exprimés pour les informaticiens. Le point important est que les entreprises recherchent avant tout des profils qui maîtrisent les dernières technologies.
De manière générale, la chasse de tête s’est intensifiée pour certains profils.
Autre fait marquant, le Maroc attire de plus en plus de cadres marocains établis à l’étranger. On a eu les propositions de profils qui travaillaient dans de grandes institutions internationales et qui ont émis le souhait de revenir au pays.

Y a-t-il de nouveaux besoins exprimés par les entreprises ?
Depuis quelques années, de nouveaux profils intéressent les entreprises. Par exemple dans le domaine des BTP, on a du mal à trouver des ingénieurs climatisation. Les architectes d’intérieur ou encore les ingénieurs de bâtiment sont également très recherchés.
Les métiers de la finance connaissent aussi une petite révolution puisqu’on demande aux titulaires de maîtriser davantage les normes internationales comme les normes IFRS (international financial reporting standards) par exemple. On demande aussi aux qualiticiens de maîtriser certaines techniques (AS 400) ou encore aux informaticiens de maîtriser certains outils comme Itil.

Quelles sont les perspectives pour les mois à venir ?

Nous restons optimistes. On sent les indicateurs positifs, bien que des paramètres scientifiques de jugement concernant le marché de l’emploi marocain restent limités.
Les secteurs comme les finances, l’agroalimentaire, l’industrie et le tourisme continueront à animer le marché sans oublier l’offshoring.